ACTE III, SCENE IX
que pour pouvoir les dire à quelqu'un.
MARGIT
Et moi ? Croyez-vous que je ne souffrais pas aussi ? Vous ne vous en êtes pas même douté!.,. J'étais avec vous comme vous étiez avec moi!... Je me suis fermée à vous, m'avez-vous ouvert les bras?
LE PRINCE
Oui.
MARGIT
Non, non... Non, vous étiez méfiant, hostile. Si ce n'est pas votre faute, ce n'est pas la mienne non plus. Vous aviez de la bonne volonté, mais moi aussi j'en avais. . . Enfin. , . j"avais. ■ . les mêmes besoins de cœur que vous... et je souffrais, comme vous... de cette... impossibilité... J'en ai souffert plus que vous, allez, avec mes nerfs de femme... J'en al souffert dans mon corps... dans mes sens... rebelles à vous... J'en ai tant souffert qu'en ce moment je... je ne peux même pas penser
à ce qui vient d'arriver... je suis toute au soulagement que j'éprouve de pouvoir enfin vous parler... Il me semble que c'est la première fois que je respire librement devant vous.
LE PRINCE, douloureusement.
Moi aussi.
MARGIT
Oh! profitons de ces minutes de grâce...
pour tout dire, pour tout comprendre...
pour tout régler.
LE PRINCE
Soit.
MARGIT
Pas de réticences, et surtout... n'ayons pas peur d'y voir clair. Plus de malentendu entre nous !
LE PRINCE
Ohl non!... Nous avons trop soufiFert du malentendu qui nous a fiancés.
MARGIT
Heureusement... maintenant... nous au-