ACTE II, SCENE I
ginal... un peu... de son pays. Alors...
on la trouve osée, excentrique, mais non...
et je suis bien persuadé qu'hier soir...
DE5CKEMNES
Comment : tu es bien persuadé? Tu n'étais donc pas là ?
LE PKINCE, aprÈs un geste iSï.-isif.
Tu sais que j'ai horreur des parties.
D'ESCRENMES
Et tu laisses ta femme, après quatre mois de mariage...
LE l'KlNCE
Ah ! ce serait le comble de l'égoïsme, avoue-le, si je prétendais la sevrer de ses plaisirs, sous prétexte qu'ils m'assomment.
On se figure que deux êtres, parce qu'ils s'épousent, doivent du jour au lendemain se communiquer leurs goûts, devenir aptes à la même vie. Quelle naïve physiologie du mariage, et quel préjugé bourgeois !
D'ESCKENNES
Naguère, tu le partageais.
Je raisonnais en l'air ! A présent j'ai l'expérience. On arrive au mariage avec un caractère fait, avec une personnalité adulte. Je respecte la personnalité de Margit , commej'entends qu'elle respecte lamienne.
Tout cela est affaire d'intelligence, de concessions réciproques. Le mieux est de ne point trop exiger l'un de l'autre.
Voilà pourquoi je crois devoir laisser à Margit certaines libertés... libertés bien innocentes, car enfin, tu en conviendras, quand je la confie à mon frère, à ma bellesœur et aux Pontanevaux, j'ai tout lieu de croire qu'ils ne feront pas scandale., , D'ailleurs, n'en déplaise aux bonnes langues, je demeure persuadé qu'elle ne s'est pas signalée d'une façon particulière. S'il s'est passé quoi que ce soit de répréhensible, c'est évidemment Donatien.,,