‹ Le Faust de Christophe-MarloweChapitre 38 sur 43 · PÂ13ST. M · texte numérisé non relu

PÂ13ST. M

FAUST

Je remercie Votre Grâce.

Entrent le clown, Dick, le charretier et le maquignon.

Eh bien! comment celava-t-il, mes amis? Vous êtes un peu effrontés, ma foi, mais approchez. J'ai obtenu votre pardon : soyez les bienvenus tous.

LE CLOWN

N*ayez pas peur, monsieur, nous serons les bienvenus pour notre argent; nous payerons ce que nous prendrons, nous autres I Holà I quelqu'un I Donneznous six verres de bière, et allez vous faire pendre.

FAUST

Voyons, écoutez-moi ; pouvez-vous me dire où vous êtes?

LE CHARRETIER

Oui, pardieu 1 Nous sommes sous le ciel.

l'huissier.

Oui ; mais, seigneur insolent, savez-vous en quel endroit?

LE MAQUIGNON

Oui, oui, la maison est assez convenable pour qu'on

480 FAUST

y boive. Corbleu ! donnez-nous de la bière, ou nous allons défoncer tous les barils de la maison et faire sauter toutes les cervelles de vos bouteilles.

FAUST

Ne soyez pas si furieux. Allons, vous aurez de la bière, (au duc] Monseigneur, je vous supplie de m'accorder un peu de patience. J'y engage mon honneur, Votre Grâce va s'amuser.

LE DUC

De tout mon cœur, aimable docteur, faites à votre aise. Nos gens et notre cour sont à vos ordres. '

Je remercie humblement Votre Grâce. Qu'on aille donc chercher de la bière.

^ LE MAQUIGNON

Oui, pardieu ! voijà qui est parler, docteur. Ma foi, je boirai à la santé de ta jambe de bois pour cette parole là.

FAUST

Ma jambe de bois ! qu'enlends-tu par là ?

FAUST. 181

LE CHARRETIER riant.

Ha! hal ha! Entends-tu, Dick? Il a oublié sa jambe.

LE MAQUIGNON

Oui, oui, il n'appuie pas beaucoup là-dessus.

FAUST

Cest vrai, je n'appuie pas beaucoup sur la jambe de bois.

LE CHARRETIER

Doux Jésus! que la cbair et le sang sont frêles chez Votre Honneur ! Est-ce que vous ne vous rappelez pas un maquignon à qui vous avez vendu un cheval?

Oui, je me souviens d'avoir vendu un cheval.

LE CHARRETIER

Et vous souvenez-vous d'avoir dit à Tacheteur de ne pas le mener à Feau ?

FAUST

Oui, parfaitement.

4^2 JAUSX.

LE CHARRETIER

Et VOUS ne vous rappelez rien de votre jambe t •

FAUST

Non, sur ma parole.

LE CHARRETIER

Je vous en prie, n'oubliez pas Votre Révérence.

FAUST

Monsieur, je vous remercie.

LE CHARRETIER

Cela n'en vaut pas la peine. De grâce, dites-moi une chose.

FAUST

Quoi?

LE CHARRETIER

Est-ce que vos deux jambes couchent ensemble toutes les nuits ?

FAUST

Est-ce pour passer entre elles que tu me fai3 cette

FAUST. 483

question? Voudrais-tu faire de moi un colosse de Rhodes?

LE CHARRETIER

Non, vraiment, je ne veux rien faire de vous, mais Je voudrais savoir ça.

Entre Thôtesse apportant à boire.

FAUST

£h bien I certainement, elles couchent ensemble.

LE CHARRETIER

Je vous remercie, je suis pleinement satisfait.

PADST.

Hais poirrquoi me demandes-tu ça?

LE CHARRETIER

Pour rien, monsieur. Mais je croyais que vous en aviez une en bois pour Coucher avec l'autre.

LE MAQUIGNON

Ah ça I entendez-vous, monsieur ? Est-ce que je ne vous ai pas arraché une de vos jambes quand vous étiez endormi ?

184 FAUST

FAUST

Mais, maintenant que je suis éveillé, je l'ai encore. Voyez plutôt vous-même, monsieur.

-Il entr'ouvre sa robe.

TOUS

rhorreur I le docteur avait trois jambes.

LE CHARRETIER

Vous souvenez-vous, monsieur, comme vous m'avez mis dedans, en mangeant toute ma charge de.....

. Faust étend le bras et charme le charretier qui reste muet.

DICK

Vous souvenez-vous comme vous m'avez changé en s '

f aust 0tend le bras. Dick reste muet.

LE MAQUIGNON

Ah ! bâtard de sorcier I vous rappelez-vous comme vous m'avez attrapé avec votre chev.....

Faust étend le bras. Le maquignon reste muet. : ' LE ClOWN.

Et moi, m*avez-vous oublié? Vous croyez que vous

FAUST. 485

viendrez à bout de moi avec toutes vos passes 1 Vous souvenez-vous de la tête de chi...

Le bouffon, Dick, le charretier et le maquignon se sauvent.

l'hôtesse.

Qui est-ce qui paye l*ale ? Entepdez-vous, maître docteur. Maintenant que vous avez renvoyé mes pratiques, je vous le demande, qui donc va me payer mon a

Faust étend le bras vers l'hôtesse qui reste muette et se sauve.

LA DUCHESSE au duc.

Monseigneur, nous sommes bien obligés à ce savant.

LE DUC

Oui vraiment, madame : nous le récolmpenserons par toute l'affection et la bienveillance possible ; son talent récréatif chasse toutes pensées maussades.

Tous sortent.

i'9S^ FAOST.

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