‹ Le Faust de Christophe-MarloweChapitre 4 sur 43 · VALDÈS · texte numérisé non relu

VALDÈS

Faust, ces livres, ton génie et notre expérience nous feront sanctifier par toutes les nations. Comme les Maures indiens obéissent à leurs maîtres espagnols, ainsi les esprits de tous les éléments nous serviront à jamais tçus trois. Pour nous faire escorte, ils seront, à notre gré, des lions, ou des reîtres allemands portant la lance de leurs chevaliers, ou des géants de Laponie trottant à nos côtés, ou parfois des femmes €t des vierges, dont le front aérien reflétera plus de beauté que n'en ont les seins blancs de la reine d'Amour. De Venise, ils traîneront des galeries énormes, et, d'Amérique, la toison d'or qui remplit chaque année le trésor du vieux Philippe ("), si le savant Faust est bien résolu.

FAUST

Valdès, je suis aussi résolu à ceci que tu l'es à vivre; ainsi, plus d'objection.

FAUST. 73

CORNELIUS

Pour accomplir les miracles de la magie, il est inutile que tu te voues à de nouvelles études. Celui qui est fort en astrologie, riche de langues, et connaisseur en minéraux, possède tous les principes qu'exige la magie. Sois donc sûr, Faust, d'avoir une renommée nouvelle, et d'être plus fréquenté pour ces mystères que jadis l'oracle delphien. Les Esprits me disent qu'ils peuvent mettre la mer à sec et recueillir le trésor de tous les naufrages , oui , et toutes les richesses que nos aïeux ont enfouies dans les entrailles massives de la terre. Alors, dis-moi, Faust, de quoi aurons-nous besoin tous trois ?

FAUST

De rien, Cornélius. Oh I mon âme e^t pleine d'allégresse l Venez, enseignez-moi les démonstrations magiques, que je puisse conjurer dans quelque bois touflfu et avoir en pleine possession toutes ces joies I

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