UNE JEUNE SORCIERE
La poudre est comme un vêtement Pour la vieillesse sèche et grise ; Sur mon bouc, toute nue assise, Je montre un corps appétissant.
UNE MATRONK.
Nous avons trop de savoir-vivre Pour nous disputer. — Tout cela, Cette beauté qui vous enivre.
Avec le temps se pourrira.
UN MAITRE DE CHAl'ELI.E.
Trompes de mouches, nez ronflants, Ne cachez pas la beauté nue !
Grenouille, à l'eau ! grillon, aux champs! En mesure ! et qu'on s'évertue !
GIROUETTE touftiée cVuT). côté.
Réunion faite à souhait !
Partout la grâce et l'innocence, iloninies et lilles, c'est parfait, Gens de la plus grande espérance.
GIROUETTE toumée du côté opposé.
Pour les engloutir tous à fond.
Si la terre ne s'ouvre vite, A l'instant même, et d'un seul bond, Dans l'enfer je nie précipite.
Vrais insectes, nous sommes là.
Tous avec nos dents de couleuvres.
* On connaît ce recueil d'épigrammes que Goethe et Schiller ont publié ensemble, pour riposter aux attaques dont ils étaient l'objet dans la plupart des gazettes d'Allemagne. Les Xcnies mordent où ils peuvent, les critiques surtout n'ont pas merci; c'est un petit livre plein d'esprit et de verve satirique, une sorte de couleuvre à la dent vive et maligne, qui, lâchée par le génie sur toute celte tourbe de cuistres acharnés, ne laissa pas d'y faire quelque ravage.