LA, M À II QUI SE
Il faut, chevalier, être. aussi complaisant. que vous l'êtes , pour vour donner tant, de soins , et pour venir écouter sans cesse, de la part. d'une mère , des plaintes qui devroient vous être indifférentes.
LE.CHEVAZ.IEH.
Vos. conversations ont un charme ,qu*en vérité, madame , je préfère sans peine à toute autre sorte de plaisir. Cependant il me semble que vous pie-
nez la chose un peu trop à cœur. On ne peut, après tout , reprocher an jeune marquis , votre fils i que quelques traits de jeunesse qui ne de- Troient point détruire l'espérance que tous en aviez conçue.
LA MABQUIIE.
Si tous aviez autant d'intérêt que moi à désirer qu'il fût parfait , tous Terriez en lui tout ce que je crois y voir. Je vous l'ai déjà dit, chevalier Esclave des faux airs , adorateur des travers les plus outrés , il adopte si avidement les ridicules que nos jeunes gens mettent à la mode , qu'il semble que lui seul les auroit tous créés , si , pour le malheur de la société , on ne l'eût dès long-temps prévenu. Du ridicule au vice la pente 'est bien facile ; et ce que vous appelez traits de jeunesse n'est que trop souvent un mauvais présage pour les mœurs. Enfin vous savez quel parti je lui destinois : vous savez avec quelle ardeur je déairois de le voir uni à Hortense. Il a d'abord paru sensible à ses charmes : il a senti quel étoit le prix d'une union aussi avantageuse ; mais , aux approches d'un engagement , l'esprit de dissipation > Un faux amour de la liberté . et , pour ainsi dire , la honte de bien faire l'ont fait frémir. La froideur, les mauvais procédés même ont succédé à l'hommage qu'il lui rendoit; et il faut qu'auprès d'Hortense j'excuse sans cesse sa conduite , et que je donne des couleurs à des mépris qu'elle ne sait comment interpréter.