GUITARE
Comment, pour sauver ses charrettes, Son or, ses bagages errants, Ce beau fumeur de cigarettes S'était écrié : « Je me rends ! »
Ce n'est pas un cœur de Romaine Acceptant les coups les plus lourds, Certes, qu'Isabelle promène Sous un corsage de velours,
Mais si peu que soit une femme, Elle peut encore juger Avec mépris l'amant infâme De Marguerite Bellanger.
Aussi, l'innocente Isabelle, Devant son époux ahuri, Se dressa fière, presque belle, Et se tournant vers Marfori :
« Par saint Jacques de Compostelle !
Ton âme à tous se décela, On connaît ta valeur, dit-elle, Mais tu n'aurais pas fait cela ! »
« Ils osent résister! » disent-ils. Nous osons.
Parce qu'ils ont chez eux l'homme des trahisons,
Ils pensent nous trouver abattus. Bêtes brutes !
Mais ce coup décisif et fatal que vous crûtes
Nous porter, s'est tourné contre vous justement.
Décapité d'un roi, le bon peuple allemand
Peut se croire perdu, crier miséricorde,
Et tendre un cou docile et soumis à la corde.
Il ne comprennent pas que la rébellion
Souffle en chaque poitrine une âme de lion;
Ils ne peuvent fourrer dans leur cervelle obtuse
Qu'on puisse mettre en jeu ces grands moyens dont use
Un peuple qui défend ses droits et son foyer;
Ils s'étonnent de voir notre main déployer
L'étendard rayonnant des libertés publiques! Ce sont de braves gens froids et mélancoliques Qu'un regard du roi change en féroces toutous. Ah! nous vous renverrons dans votre chenil, tous, Les Badois, ces croupiers, les gens de la Bavière, Les Prussiens tendant l'échiné à 1 etrivière, Et, si cela vous plaît, vous ferez un grand- duc De ce Napoléon sanguinaire et caduc, Tout prêt à déposer sa risible épaulette Pour tenir le râteau teuton de la roulette !
O sombre hiver ! nuit de l'année, Viens ! ne garde plus enchaînée La tempête désordonnée.
Accours des quatre points des deux Laisse l'ouragan furieux Briser les chênes soucieux.
Apre bise, ouragan sonore, Accourez tous, je vous implore Comme le soleil et l'aurore !
Que le champ, ce divin aïeul, Disparaisse sous un linceul De neige où le vent règne seul.
En ces jours d'angoisse et d'alarmes Où nous versons de rouges larmes, Noir hiver, prête-nous des armes î
Et lorsque leurs cadavres froids Seront roidis au coin des bois, Lâche tes corbeaux sur les rois !