‹ Le Fer rougeChapitre 21 sur 24 · HÉROS DE L'EMPIRE · texte numérisé non relu

HÉROS DE L'EMPIRE

Où Scapin de Géronte escroque le pardon ;

Lebœuf, ce matamore épique, ce dindon

Qui glousse et fait la roue au bord d'une tinette ;

Failly, le bien nommé ; Fleury, le proxénète ;

Canrobert, ce bandit au langage poissard ;

Le pion du petit Bonaparte, Frossard ;

Boyer... que sais- je encor ? J'en passe, et des plus sales,

Pour qui Toulon trop plein manque de succursales.

Mais l'orgueil de ce règne incroyable, celui

Qui résume en lui seul les hontes d'aujourd'hui,

Auprès de qui, sortant radieux de sa fange,

Palikao produit presque l'effet d'un ange,

C'est Bazaine ! Ce nom peut-il s'écrire encor?

O dieux 1 de quel égout ce gueux chamarré d'or

Est-il sorti ? Dis-nous, France qu'il a trahie,

Sur ta terre sacrée à cette heure envahie,

Oh! dis-nous quelle chienne errante l'a mis bas?

Et tu croyais en lui! Tu lui tendais les bras,

Tu lui confiais Metz, la joyeuse pucelle,

Dont le regard hardi conservait l'étincelle

Qu'on vit jaillir des yeux en feu du Balafré !

O passé glorieux en un jour engouffré !

Dans le bagne historique on voyait, comme une ombre, Errer déjà Bourbon, le connétable sombre, Derrière qui, honteux, s'effondraient les palais Où ce lâche, plus vil que les derniers- valets, Avait, rien qu'une nuit, posé sa tête infâme. Dans le cercle entouré d'une infernale flamme,

Où se tordent tous ceux qui portent pour blason La pancarte où le juge écrivit : « Trahison, » Bourbon a maintenant un compagnon de chaîne : Il s'endort, chaque soir, à côté de Bazaine. C'est le même argousin qui les mène au travail. Et là-bas, — effrayant, lugubre épouvantail, — Maximilien mort vient à pas lents, écarte Le suaire sanglant, et montre à Bonaparte Livide de terreur, stupide et déjà vert, Sa poitrine trouée et son crâne entrouvert !

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