‹ Le fétiche [microforme]Chapitre 10 sur 39 · PUIS LE COMTE · texte numérisé non relu

PUIS LE COMTE

mmandement d'Edgar.)

Edgar s'approche des rle bas. Sortie, Michel

LES JEUNES FILLES, (Elles portent une gerbe de fleurs des champs.)

LUCIENNE

Allons déposer nos feurs...

GAETANE :—

D x narcisses, des violettes :

emsaume !

Comme le printemps

LUCIENNE :— ....Et nos requêtes à la Vierge.

GAETANE :—

Comme le printemps énamoure !

CHOEUR :— (Toutes à genou.)

Nous t'apportons ces fleurs, Ô notre Mère, Ces fleurs des champs pour orner ton autel ; Elles diront, ainsi que la prière,

Notre piété, notre araour immortel.

Vierge des cieux, vois notre foi sincère ; Epargne-nous la tristesse des pleurs

Et du péché le remords qui lacère.

Garde nos coeur aussi purs que ces fleurs, Ces fleurs des champs, Marie, à notre Mère.

(Pendant Ja finale de la musique, les jeunes filles ornent l'autel de 1à Vierge ; elles se font mutuellement des questions à propos du papier plié que chacune dépose sous le socle de la statue.)

LUCIENNE :—(qui vient de déposer son billet.) A ton tour Gaétane,

GAETANE :— (s'avance timidement vers la statue.) Ah ! je ne sais vraiment....

LUCIENNE

Quel mystère! (riant. aux jeunes filles.) Faisons-lui lire son hillet.

GAETANE :

Non !

LUCIENNE :— Ah ! il le faudra bien! (elle lui jette des fleurs à la tête. Les jeunes fil'es poursuivent Gaétane qui se

sauve en riant.)

GAETANE :—(s’arrêtant. )

Assez! Assez!

LUCIENNE :—(qui s'est emparé de la lettre de Gaétane.)

Lis-nous ta demande à la Vierge,

Lis... ou bien je fais la concierge, Et l'ouvre.

TOUTES

Ouvre, ouvre.

LUCIENNE

J'entr’ouvre.

TOUTES

Ouvre, ouvre.

GAETANE :—(renouant ses cheveux.)

Ecoutez! Mais c’est un secret.

Que peut surprendre un indiscret.

(Les jeunes filles vont écouter aux diverses sorties et

s’assurent que personne ne les épie. Lucienne remet le billet à Gaétane.)

Je dis dans ma lettre à la Vierge :

“Si tu veux l’offrande d’un cierge, “Mère, fais-moi voir aujourd’hui,

illes or- “Le bel officier dont l'oeil luit ellement “Pour moi.” ne dépo- LUCIENNE :—(à part) Edgar, peut-être ?

Mon promis !... -peut-elle être Ma rivale !... Savoir!

(à Gaétane.) Son nom ?

Est-il d'ici l'officier ?

Non.

GAETANE :— Son nom! Gaston.

LUCIENNE :—(à part.) Ah ! je respire, TOUTES :— irs à la Ma belle au Bois dormant, qui se

Dis-moi donc où supire Ton beau Prince Charmant.

GAETANE :—

Près d'ici, loin d'ici :

Au sud, au nord, là-bas, vers la ré ane.)

gion polaire :

Je ne sais. Un duel.,..

TOUTES

Un duel! pour te plaire ?

GAETANE :—

Un dueltifle

TOUTES

GAETANE :—

Il a fui! Il a fui! Ah! C'est un lâche,

GAETANE :— (vivement)

Non !

TOUTES :— Non ?

GAETANE :— Non, non, non!.... sa cravache,

Avant ce jour, Avait cinglé plus d’un visage.

C'est par amour Qu'il a supporté cet outrage.

Le sort me fut cruel!

Mon père avait provoqué ce duel.

TOUTES

Son père avait provoqué ce duel.

GAETANE :—

Oui. Nous habitions Québec. Depuis, que de larmes Versai-je au souvenir de l’odieux tournoi d'armes !

Ce soir-là, assemblée au Château Saint-Louis, Dînaient les plus forts tireurs d'épée au pays.

Mon père était champion : ma!s aussi forte lame Etait Gaston. Tous deux, ils luttent ; {ls s’enflamment Rapides, les fleurets se heurtent engagés.

Quelqu'un crie : “A l'épée !” et les sabres forgés

Se choquent avec un bruît d'acier. “Courage !” “Bravo !"” dit-on. Soudain domfne un cri de rage, Puis, sur la dalle, un bruit de ferraille. Alarmé,

L'on se bouscule. On applaudit : mais, désarmé,

Mon père dit : “Monsieur, cette botte saxonne

“Je la rendrai demain, moi, sur votre personne,

“A deux pouces du coeur : mais en due!, en vrai, “Jusqu'à la mort, votre leçon, je la suivrai.”

—“Me battre, je ne puis: Car j'aime votre fille,”

Dit Gaston.—#A demain, Monsieur ! Dans ma famiile,”

Dit mon père, “mal siérait un spadassin. Donc,

“Fussiez-vous plus rusé que le Rat Kondiaronk, “Contre moi vous vous Vattrez.”

Depuis que de larmes Versai-je au souvenir de l’odieux tournoi d'armes !

Au lendemain, j'appris que Gaston avait fui Emportant tout mon coeur et ma joie avec lut.

LUCIENNE

Tu l'aimais ?

armes nes !

ne amment

n° amiile,”

larmes mes !

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