SCÈNE II
URSULE *
Et de dévouement aussi... il ne faut pas l'oublier Depuis quarante {ins qu’il en donne des preuves, il a bien acquis le drpit de contrarier... c’est son privilège!...
MARIANIC.
Et, Bieu merci ! il en use ! .
URSULE
Oui, il va trop loin quelquefois... mais, mon enfant, tu le comprendras plus tard; bienheureuses les familles où l’on trouve encore de ces vieux serviteurs plus maîtres que les maîtres... qui ne vont qu’à leur tète, nous servent tout de travers, nous font damner toute la journée... mais qui se jetteraient dans le feu pour nous!
MARIANIC.
C’est égal, c’est une drôle d’idée... mon parrain... amoureux!...
URSULE
Amoureux! mon frère!... Il n’a jamais eu le temps de l’ètre, il était trop occupé pour çal... une vie toute de travail... ot de sacrifices!., (a Marianic.) Quand ce terrible accident nous enleva ton père... et que notre sœur ne put lui survivre...
MARIANIC.
Ma pauvre mère !
URSULE
Pierre et moi, nous nous sommes dit : Nous avons une enfant, à présent... nous ne nous marierons jamais!., nous travaillerons pour elle... et si Dieu nous envoie la fortune... eh bieu! nous en ferons trois parts!...
MARIANIC, l'embrassant.
Obi chère tante!...
URSULE, souriant et prenant Marianic par le menton,
Et voilà comment cette petite fille a quelque chose aujourd’hui comme un million de dot 1
VICTOR
Et c’est ce qui me désole, Mademoiselle.
, URSULE
Pourquoi donc?
VICTOR
M. Pierre consentira-t-il?...
URSULE
Bah ! bah! je m’en charge... mon frère est si bon ! et puis, enfin, s’il a fait fortune, la sœur Ursule y est bien pour quelque chose... et elle a voix au chapitre.
VICTOR
Mais, je ne suis rien encore.
URSULE
Qu’était donc Pierre quand nous avons compiencé? un simple
* Victor, Ursule, Marianic.
commis comme vous... Vous êtes, de plus, mon élève, mon protégé!.. Vous aimez ma nièce... qui vous le rend bien... (a Mariante, en loi donnant une petite tape sur la joue.) N OSt-CB pas, petite?
MARIANIC.
Mais je veux un mari qui n’aime que moi !...
URSULE, souriant*
Présomptueuse!., (a Victor.) Et vous la demanderez aujourd’hui même à mon frère... qui ne dira pas non quand j’ai dit
oui!., (changeaut de ton, pendant que Marianic va près de la petite table.) Mais, sérieusement, Victor... vous qui l’avez accompagné à Arcachon... vous ne vous êtes aperçu de rien?...
VICTOR, embarrassé.
De quoi. Mademoiselle?
URSULE
De ce que disait Job tout à l'heure?
VICTOR, de même.
Mon Dieu... M. Pierre ne m’a rien confié... et... je craindrais de vous affliger.
URSULE, vivement.
Mais il y a donc quelque chose?