DE U É RI EL
Bah 1...
d’aven A Y.
Elle est à Nice, chez sa sœur. — Oh! je veux la rejoindre, je la rejoindrai... Je partirai... demain matin. Jean, vous ferez tout préparer pour ce voyage.
Jean se retire.
FORTUNIEN, debout à la cheminée.
Comment!... là, sérieusement, tu vas courir après cette dame?... Quelle singulière idée 1
d’aven A Y, riant.
Oh ! toi, tu peux parler : je ne t’écoiite pas.
Il passe à ganche.
E O R T f N T E N , alUnt à lui.
Tu m’entendras toujours, et lu no nous quitteras pas; tu ne peux pas nous quitter à l’heure où les orchestres résonnent, où les raouts foisonnent, où la queslion d’Orient cllc-inômc, .XT^aiid le soleil est couché, cède le pas à la rnazourke et au cotillon ; et enfin, ce n’est pas au moment où l’on organise des fêtes au profit du malheur que ta cliarité peut se mettre en voyage.
d’ A VEN A Y.
Tu prêches dans le désert.
KüRÏUNlEN.
Ahl ne me pousse pas à bout, je te fais arrêter à la frontière. — C’est bien assez de transfuges comme cela; c’est-à-dire que si ça continue, nous allons demeurer tout seuls à Paris, de Mériel et moi ; car voici déjà notre brillante colonie russe qui prend sa feuille de roule pour la Belgique, où elle va attendre les événements. Mais ce départ est motivé, du moins; tandis que le tien... D’abord, madame d’Alizy est une beauté trèsordinaire....
d’aven A Y, riant.
Va, va, tu es dans ton rôle.
t FORTüNIEN, appujé sur la table.
Mais je parle très-sérieusement. De plus, c’est une coquette, une femme sans cœur...
d’aVENAY, riant.
Fortunien, est-ce que tu chercherais une affaire ?
FOR-TCNIEN.
Avec toi ? pas si sot ; tu gagnerais ton pari.
Quel pari ?
F0RTCN1EN.
Celui que tu fis l’an dernier à pareille époque, jour pour jour.
d’aven A y, riant.
Ah! oui, je sais.
FORTtTNlEN.
Oui, cher, oui. Le 'ô février 1853, à minuit sonnant, tu as parié que le o février 1854 lu aurais eu six affaires d’honneur; tu n’en as eu que cinq, et ce soir, à minuit, tu auras perdu.
d’avenay, riant sous cape.
Cn tout cas, j’ai encore douze heures devant moi.
FORTUNIEN.
Ta, ta, fa, la, les affaires d’honneur, après tout, ne poussent pas sur le pavé de Paris comme les fausses nouvelles sur le parquet de la Bourse. — Me battre avec toi? J’aimerais mieux
te faire des excuses et une rente viagère. (Regardani à §« montre.) Ah ! diable! niais je bavarde ici, et je vais manquer la course, moi; je me sauve! iN’oublie pas que nous dînons tous chez toi. Ah ! à propos, tu as invité Volnay, ii’est-ce pas?
d’ave N AY.
Oui.
Bon. Je le ferai enrager; je lui parlerai de sa femme. (Revemm encore.) Ab! dis donc! Est-ce que cela te taquinerait que je ne vinsse pas diner?
d’aven AY, riant.
Non, au contraire.
FORTÜNIEN.
Alors, tu peux compter sur moi, je viendrai.
Il sort par le fond. '
DE MÉRIEL.
Raoul ne revient pas; je vais le chercher un témoin. A bientôt !
d’avenay.
A bientôt !
Il sonne. — De Mériel s'éloigne- par la ganche, où Jean parait en même temps.