Le Filet brodé
Le filet brodé est un des genres d'ouvrages les plus attrayants par sa facilité d'exécution et par la grande variété de travaux qu'il permet d'obtenir (*).
Si la broderie sur filet n'a pas toujours occupé le rang qui lui appartient parmi les travaux de dames, il faut en chercher la cause dans la difficulté que l'on éprouvait à se procurer le filet noué. Ce dernier ne peut être fait qu'à la main et sa confection demande' beaucoup de temps ; aussi les dames s'en étaient-elles peu à peu désintéressées.
Aujourd'hui on est parvenu à fabriquer mécaniquement des tissus réseaux dans différentes grandeurs de mailles qui imitent parfaitement le filet noué et qui peuvent le remplacer pour la plupart des ouvrages, ces filets tissés résistant aussi très bien au lavage.
Les broderies qui sont reproduites sur les planches du présent album ont toutes été exécutées sur du filet tissé, et nous avons pu constater que ce nouveau produit, qui se distingue surtout par la parfaite régularité des mailles, répond à toutes les exigences.
Nous donnons néanmoins ci-après, en même temps que l'explication de différents points employés dans la broderie sur filet, les renseignements nécessaires pour l'exécution du filet
(*) Voir aussi «Le Filet-Richelieu», par Th. de Dillmont, album de 3o planches avec texte explicatif, et « Les Jours sur Toile, IIme Série », par Th. de Dillmont, album de 32 planches avec texte explicatif.
noué à la main, pour le cas où l'une ou l'autre de nos lectrices désirerait l'employer pour ses ouvrages.
Ce recueil ne contient que quelques modèles de broderie sur filet genre ancien, mais nous donnons dans notre album «Les Jours sur Toile, IIme Série » un certain nombre de carrés et bordures, qui peuvent être utilisés comme modèles pour ce genre de filet.
Outils pour le filet (fig. i et 2). — Pour former les mailles du filet, il faut des navettes et des moules.
Les navettes sont fabriquées en acier, en bois ou en os; les premières servent pour les ouvrages fins ; elles sont terminées aux deux extrémités par des pinces, au-dessous desquelles se trouve un chas pour fixer le fil, fig. 1 ; le milieu de la navette est pareil à une aiguille à tricoter.
Le fil doit être enroulé sur la navette en quantité corres-
Fig. 1. Navette en acier pour filet. Grandeur réduite.
Fig. 2. Moule pour filet. Grandeur naturelle.
pondant à la grosseur du moule employé, afin de pouvoir glisser facilement à travers les mailles.
Les moules, fig. 2, sont en bois, acier ou os; ils doivent être bien arrondis et de grosseur uniforme sur toute la longueur, d'abord pour obtenir des mailles bien égales et ensuite pour faciliter leur passage dans les mailles.
Navette et moule devront toujours être en rapport avec la grandeur des mailles à faire et le fil employé.
En dehors de ces outils on se procurera encore une lourde pelote, à laquelle on fixera la boucle de gros fil qui maintiendra le filet pendant sa confection.
Fournitures. — Le choix du fil dépend absolument de l'emploi auquel est destiné l'ouvrage. On peut faire le filet avec du coton, du lin et de la soie; les ouvrages en une seule couleur se font généralement en coton ou en lin ; les ouvrages en plusieurs couleurs, en soie ou avec un fil imitant la soie.
Parmi les articles de la marque D-M-C, nous recommandons, pour faire le filet, le Lin pour tricoter et crocheter D-M-C (*), le
(*) Voir, à la fin de l'ouvrage, le tableau des grosseurs des fils de coton, lin et soie, portant la marque D-M-C.
Lin pour dentelles D-M-C, ainsi que le Fil à dentelles D-M-C, le Fil d'Alsace D-M-C, le Coton perlé D-M-C et le Cordonnet 6 fils D-M-C.
Tous ces fils sont d'une grande égalité de torsion et ils ne se nouent pas pendant le travail, ce qui contribue notablement à la réussite de l'ouvrage.
Mailles du filet. — La forme qu'affectent les mailles du filet simple est toujours la même, celle d'un carré.
Première position des mains (fi g. 3). — Pour faire un filet, on commence par former une boucle longue de 10 à 20 centimètres, pour laquelle on prend un fil très fort ; on la fixe
Fig. 3. Première position des mains.
à une pelote ou plomb avec une épingle. On attache le fil sortant de la navette à la boucle fixée au plomb. Puis on prend le moule dans la main gauche, entre le pouce et l'index, et on raidit les doigts. On passe le fil par-dessus le moule et par-dessus le deuxième, troisième et quatrième doigt, on le ramène vers le haut, derrière ces trois doigts, et on le place à gauche, où il est retenu par le pouce.
Deuxième et troisième position des mains (fig. 4 et 5). On fait redescendre le fil derrière les quatre doigts et l'on fait passer la navette de bas en haut par la boucle qui se trouve sur les doigts et par la boucle derrière le moule, soit par celle à laquelle le brin est attaché ; une seconde boucle se forme ainsi sur la main gauche, le petit doigt retient cette boucle.
On serre peu à peu le fil, on dégage les doigts de la boucle retenue par le pouce, puis on serre la boucle passant par-dessus le deuxième, troisième et quatrième doigt. La dernière boucle
Fig. 4. Deuxième position des mains.
sera maintenue sur le petit doigt jusqu'à ce que la première soit entièrement fermée. Alors seulement on dégage le petit doigt de la boucle, on serre le nœud et l'on termine en même temps une maille. Les mailles suivantes se font de la même manière, qu'elles servent à monter l'ouvrage ou à faire un fond de filet.
Lorsqu'un nombre suffisant de boucles est monté, on retire le moule, on tourne l'ouvrage, et pour commencer un nouveau tour, on pose le moule contre le rang de mailles terminé.
La navette passe alors par la dernière maille du tour précédent et l'on fait autant de nœuds qu'il y a de boucles.
Le filet biaisé. — Les boucles dont nous venons d'expliquer la confection forment le filet biaisé, pour lequel on retourne l'ouvrage après chaque tour, puisqu'on le fait toujours en rangs horizontaux allant de gauche à droite.
Il est bien rare qu'on emploie le filet biaisé comme fond pour une broderie ; on préfère généralement les filets à mailles droites qui ont aux bords une lisière de mailles doubles et triples, ce qui facilite le travail lorsqu'on a plusieurs pièces à réunir entre elles ou à coudre à un tissu.
Formes du filet à mailles droites. — Le fond de filet destiné à être brodé doit être exécuté exactement dans la gran-
Fig. 5. Troisième position des mains.
deur nécessaire afin d'éviter un travail inutile et d'économiser les fournitures. Il peut s'agir ici des formes suivantes : carré, rectangle, bande et cadre, pour lesquelles nous donnons ci-après les explications nécessaires.
Carré en filet droit (fig. 6 et 7). — Pour faire des carrés en filet et pour obtenir des mailles droites, commencer par monter deux mailles ou trois nœuds. Faire dans chacun des tours suivants deux noeuds dans la dernière boucle, de façon que chaque tour soit augmenté d'une maille.
Fig. 6.
Carré en filet droit.
Commencé.
Continuer à augmenter jusqu'à ce qu'il y ait une maille de plus que ne doit en compter le carré.
Faire, après ce tour, avec la maille excédante, un tour sans augmentation ni diminution, commencer les diminutions dans le tour suivant en réunissant par un nœud les deux dernières boucles de chaque tour.
Glisser les deux dernières mailles, c'est-à-dire réunir les
deux dernières mailles par un nœud, mais retirer le moule de la boucle avant dé serrer le nœud.
Rectangle en filet droit. — On commence par deux mailles comme pour le carré, fig. 6 et 7, et après avoir atteint la grandeur du petit côté, on exécute un tour sans augmenter. Dans la suite on fait alterner un tour avec augmentation et un tour avec diminution, jusqu'à ce que le côté avec aug- . mentation ait la longueur désirée poulie rectangle. Il faut bien faire attention à ce que les mailles ne deviennent pas trop courtes du côté où l'on augmente ; c'est un défaut qui se produit assez fréquemment parce que le nœud double, provenant de l'augmentation, prend plus de place que la diminution, où l'on rassemble deux mailles par un nœud.
On termine la forme comme tout autre carré en diminuant à la fin de chaque tour. Bande en filet droit (fig. 8). — La manière la plus simple de faire les bandes consiste à monter le nombre de mailles nécessaire, à diminuer d'un côté en réunissant deux mailles par un nœud et à augmenter de l'autre côté en plaçant deux nœuds dans une maille.
Il faudra avoir soin de ne pas intervertir les diminutions et les
augmentations; toute erreur interromprait les lignes de carreaux.
Formation des coins dans une bande. — Lorsqu'on se
propose de faire une bande avec coins, on diminue comme
Fig. 7-
Carré en filet droit.
Terminé.
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Bande en filet droit.
d'habitude sur le côté intérieur, puis on place encore une nouvelle maille dans la dernière boucle de manière à former l'angle.
Dans la suite on continue à faire la bande, avec cette différence cependant, que l'on exécute les augmentations sur le côté intérieur et les diminutions sur le côté extérieur. (Comparez aussi l'explication du cadre en filet, fig. 9.)
Cadre en filet droit (fig. 9). — Après avoir monté les mailles comme pour un filet ordinaire, lettre a, on les augmente jusqu'à ce que l'on ait obtenu huit mailles, puis faire quatre mailles, sauter les dernières quatre mailles du tour précédent, tourner, faire cinq mailles, augmenter Fig.
à la dernière maille, tourner, faire quatre mailles et diminuer à la dernière maille, tourner, faire cinq mailles, augmenter à la dernière maille, tourner, faire quatre mailles, diminuer à la dernière maille, puis augmenter encore dans cette maille, tourner, faire quatre mailles et diminuer à la dernière maille, tourner, faire cinq mailles, augmenter à la dernière maille, tourner, faire quatre mailles, diminuer à la dernière maille, tourner, faire cinq mailles, augmenter à la dernière maille, couper le fil.
Attacher le fil au bord extérieur aux quatre mailles laissées libres au point c, faire quatre mailles, tourner, faire cinq mailles, augmenter à la dernière maille, tourner, faire quatre mailles, diminuer à la dernière maille, tourner, faire cinq mailles, augmenter à la dernière maille, tourner, faire quatre
Fig. 9. Cadre en filet droit.
mailles, diminuer à la dernière maille et augmenter dans la même maille encore, tourner, faire quatre mailles, diminuer à la dernière maille, tourner, faire cinq mailles, augmenter à la dernière maille, tourner, faire quatre mailles, diminuer à la dernière maille, tourner, faire cinq mailles, augmenter à la dernière maille et couper le fil.
Fixer le fil au bord extérieur à la première maille, glisser la maille suivante, faire six mailles et réunir les deux bandes isolées entre la troisième et la quatrième maille par un nœud dans la dernière maille de la bande à gauche et dans la première maille
de la bande à droite, diminuer à la dernière des six mailles, tourner, faire six mailles, tourner, puis, toujours en diminuant, faire cinq mailles, tourner, faire quatre mailles, tourner, faire trois mailles, tourner, faire deux mailles, tourner, glisser les deux dernières mailles.
Métiers (fig. 10), Pour la broderie sur
Fig. io. Cadre métallique pour le filet brodé. £jet ce dernier est à
monter à la manière ordinaire dans un métier à broder, si c'est du filet mécanique ; pour le filet noué à la main quelques personnes préfèrent se servir d'un cadre métallique, surtout lorsque l'ouvrage est de petites dimensions.
Ce cadre métallique doit être fait d'un fil de fer assez solide pour ne pas céder lorsqu'on tend le filet.
Le cadre peut être en rectangle ou carré, selon la forme que l'ouvrage devra avoir.
On couvre le fil de fer d'ouate, fig. 10, puis on recouvre cette première couche d'un étroit ruban. On serrera très fortement ce ruban, principalement autour des coins du cadre,
afin qu'il reste immobile sur le fil de fer lorsqu'on y attachera le filet, puis on arrêtera le bout du ruban par quelques points.
Montage du filet dans le cadre métallique sans galon (fig.
n). — Lorsque le filet a exactement la dimension intérieure du cadre, il suffit de l'attacher avec des points que l'on serrera plus dans les coins.
Montage du filet dans le cadre avec un galon (fig. 12). — Si, au contraire, le filet est plus petit que le cadre, on le complète, en le bordant sur tous les côtés d'un ruban de toile que l'on soutient assez pour le faire froncer tout autour du filet.
De cette façon il y a moyen de donner une forte tension au filet, sans déchirer les fils des mailles extérieures.
La fig. 12 nous montre la manière de coudre le ruban, de le plier aux coins et de fixer le filet dans le cadre.
Pour monter un filet mécanique nous recommandons de faire un petit rempli avant de coudre le ruban, les mailles tissées n'étant pas aussi solides que les nœuds faits à la main.
Montage du filet dans le cadre métallique sans galon.
Fig. 12. Montage du filet dans le cadre métallique avec un galon.
Aiguilles. — On emploie pour cet ouvrage des aiguilles spéciales, longues et sans pointes, connues sous le nom d'aiguilles pour filet-guipure.
Fournitures. — Pour faire la broderie sur filet, on doit se servir de fournitures de la même matière que celles employées pour le fond ; des fils tordus serviront à faire les points de dentelles divers et le point de toile, des fils floches pour le point de reprise et pour les contours.
On prendra comme fil tordu du Lin pour tricoter et crocheter
D -M- C, du Lin pour dentelles D M- C, du Fil à dentelles D-M-C ou du Coton perlé D-M-C; comme fil floche on choisira du Mouliné spécial D-M-C, du Lin floche D-M-C ou de la Soie de Perse D-M-C.
Des points. — Les petits carrés de filet servent de base à une quantité de différents points, et ces points se prêtent à de si nombreuses combinaisons, que nous sommes persuadé que parmi ceux que nous décrirons, il y en aura plusieurs qui jusqu'à présent étaient inconnus de nos lectrices.
Nous pouvons affirmer que nous n'avons trouvé un certain nombre d'entre eux ni décrits, ni illustrés dans aucun des ouvrages que nous avons eus sous la main jusqu'à ce jour.
Point de reprise (fig. i3 et 14 . — Le point le plus simple pour broder le filet est le point de reprise. Il se fait par-dessus un nombre déterminé de carrés, par lesquels on fait aller et revenir le fil aussi souvent qu'il le faut pour les combler. Ce point s'emploie ordinairement lorsqu'on veut appliquer sur un fond de filet un dessin à points comptés, par exemple un dessin au point de croix.
C'est surtout pour les grands ouvrages, tels que rideaux et couvertures, que nous recommandons ce point, qui
Fig. i3. Point de reprise.
Fig. 14. Point de reprise.
Changement de direction.
fait bien ressortir les dessins et qui est d'une exécution très rapide.
Il peut arriver qu'on soit obligé, en travaillant, de changer la direction du point de reprise; la gravure flg. 14 expli ue la manière de s'y prendre. De plus on emploie le point de reprise très souvent pour exécuter des contours brodés ; nous en parlerons plus loin à la page 22 (*).
Point de toile (fig. i5, 16, 17, 18). — C'est le point de toile que l'on retrouve le plus souvent dans les anciennes
Fig. i5. Point de toile
à quatre fils.
Pose des premiers points.
Fig. 16. Point de toile
à quatre fils.
Pose des seconds points.
Fig. 17, Point de toile à quatre fils. Formation des coins.
Fig. 18. Point de toile à deux fils.
broderies et le fond des fleurs, des feuilles et les bords sont généralement exécutés avec ce point.
(*) Voir aussi dans Y Encyclopédie des Ouvrages de Dames, par Th. de Dillmont, le chapitre «Le Filet».
Après avoir fixé le brin à un nœud du filet, on le fait aller et revenir deux fois par-dessus et par-dessous les fils du filet, de sorte que chaque deuxième fil passe à la fin du tour sous le fil du filet et par-dessus le fil lorsqu'on le ramène vers le haut. Ceci forme la carcasse du point de toile qui est complété par la seconde série de points comme dans la reprise de toile. (Voir la fig. 16.)
Lorsque le point de toile doit former un coin, on lance d'abord les fils par-dessus un nombre déterminé de carrés. Dans ce premier tour les fils devront être laissés très lâches et, pour réussir à donner à tous la même longueur, on mettra un moule fin ou une grosse aiguille à tricoter sur le dernier carré par-dessus lequel on tendra les fils. Après avoir terminé
Fig. 19. Point d'esprit droit.
Premier et deuxième tour.
Fig. 20. Point d'esprit droit.
File de tours achevés.
quelques carrés au point de toile, on éloignera le moule auxiliaire. Les fils de la première pose se raccourcissent peu à peu, attendu qu'ils sont constamment relevés et abaissés par le passage des seconds fils, et ils arrivent finalement à n'avoir que la longueur voulue pour empêcher une trop forte tension des derniers carrés brodés.
Arrivé au coin, on croise les fils du rang suivant, comme le représente la fig. 17. Les premiers fils du deuxième côté forment le fond de toile dans le carré d'angle ; du deuxième carré d'angle on passe au troisième ; du troisième on passe au quatrième, en relevant et en abaissant les fils qui avaient été tendus pour le premier angle.
Les broderies anciennes sont exécutées sur un filet à
Fig. 21.
Point d'esprit oblique.
mailles très petites, où le point de toile n'est travaillé qu'à deux fils, donc en un tour allant et revenant.
La fig. 18 montre en voie d'exécution une petite figure qui est travaillée au point de toile à deux fils.
Point d'esprit (fig. 19, 20, 21). — Le point d'esprit s'emploie généralement pour établir un fond plus transparent que ne l'offre le point de toile.
On en distingue deux genres :
le point d'esprit droit et le point d'esprit oblique.
Pour le point d'esprit droit on fixe le fil au milieu d'une bride verticale du filet, puis on fait une boucle allant jusqu'à la moitié de la bride horizontale suivante, fig. 19. Ces boucles se font toujours de gauche à droite ; le fil est à placer à droite, l'aiguille passe de haut en bas sous la bride et devant le fil.
La longueur de la boucle devra correspondre à la moitié de la hauteur des brides du filet.
Dans le second tour on tourne l'ouvrage, on fait un point pardessus la bride verticale du filet, on passe le fil sous la bride du filet comme au premier tour, puis pardessus la boucle et sous la bride qui se trouve sous la boucle.
Dans la fig. 20 nous indiquons comment il faut raccorder les rangs du point d'esprit et comment il faut passer l'aiguille par les points existants.
Pour le point d'esprit oblique, fig. 21, on enlace les boucles autour des nœuds et non autour des brides du filet, de manière que la position oblique des points se fasse tout naturellement. Le fil doit être conduit autour des nœuds et non par-dessus
Étoile en fils lancés.
Pose des fils inférieurs.
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et natté régulièrement ; c'est pourquoi l'on nomme aussi parfois ce point «point natté».
Comme le montre la fig. 21, on ne peut remplir que chaque deuxième maille du filet ; il en résulte que ce fond paraît beaucoup plus transparent que le précédent.
Étoile en fils lancés (fig. 22, 23, 24). — Pour faire cette étoile il faut toujours compter seize carrés de filet. On attache le fil au nœud central des seize carrés, puis on le fait aller en ligne diagonale, et de gauche à droite, sous un nœud de filet, et, le ramenant vers l'autre extrémité du carreau formé par les seize carrés du filet, on conduit l'aiguille sous le nœud, et l'on pose trois fois les fils dans le même sens, (voir la fig. 22). Ceci forme les rayons inférieurs de l'étoile.
Fig. 23.
Etoile en fils lancés.
Pose des fils supérieurs.
Fig. 24.
Etoile en fils lancés.
Terminée.
Pour faire les points qui doivent compléter la figure on prend pour milieu le point de départ et, suivant la direction indiquée par la flèche, on couvre le filet de trois fils en ligne verticale et de trois autres fils en ligne horizontale, fig. 20.
Ces fils une fois tendus, on glisse l'aiguille quatre ou cinq fois sous les fils tendus seulement — jamais sous les fils du filet — puis on arrête le fil sur l'envers de l'ouvrage (voir l'étoile terminée, fig. 24).
Feuilles au point de reprise (fig. 25 et 26). — C'est un genre de point qui s'emploie surtout pour établir les feuilles fines et délicates qui ornent souvent le filet brodé.
L'aiguille est conduite à partir du milieu tantôt à droite, tantôt à gauche sous les fils du bâti, et l'on serre, au moyen de l'aiguille, le dernier point contre l'avant-dernier. On arrivera à faire ces points à la perfection, si l'on n'oublie pas de tourner l'ouvrage de façon à avoir les points terminés dirigés vers soi. On tend d'abord les fils, comme on peut le voir dans la gravure, au nombre de deux ou de trois, puis on fait la feuille avec une, souvent même avec plusieurs nervures.
Lorsque la feuille ne présente qu'une seule nervure, tel qu'on le remarquera dans la partie gauche de la fig. 26, l'aiguille divise en parties égales les fils préparés, tandis que lorsque les feuilles sont d'une certaine largeur et que, pour la beauté de l'ouvrage, il est jugé nécessaire de les faire avec deux
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Fig. 25.
Feuilles au point de reprise.
Commencées.
Fig. 26.
Feuilles au point de reprise.
Terminées.
ou trois nervures, on partage- les fils en trois ou quatre faisceaux, selon le besoin.
En brodant les feuilles au point de reprise il faut encore prêter assez d'attention pour serrer un peu plus fortement les points au commencement et à la fin, et pour leur laisser plus de jeu au milieu. La fig. 26 montre deux feuilles terminées; l'une à une nervure, l'autre à deux nervures.
Lorsqu'on voudra exécuter des branches entières, composées de ces feuilles il faut aussi penser à y broder des tiges. Dans ce but on commence par tendre trois à cinq fils qui devront ensuite être couverts de points de surjet bien serrés, de façon que le tout ressemble à une ganse ronde.
Dents au point de reprise (fig. 27). — Outre les points qui remplissent les vides du filet et les feuilles qui les recouvrent, on peut encore faire des triangles un peu allongés. Les plus simples sont ceux où le fil est lancé depuis le coin du nœud jusqu'au milieu de la bride, pour redescendre ensuite vers le nœud opposé, autour duquel on mène le fil pour
Fig. 27.
Dents au point de reprise.
Fig. 28.
Dents au point de feston.
le faire revenir au point du départ et le remonter de nouveau jusqu'au milieu. On prépare ainsi un bâti pour le point de reprise, que l'on commencera toujours par le haut de la dent. Dents au point de feston (fig. 28). — Un autre mode d'exécution, non moins joli et non moins facile que le précé-
Fig. 29.
Dents à nervures.
Fig. 3o.
Dents au point de Venise.
dent, est celui dans lequel on fait deux points de feston avant de passer au côté opposé.
Dents à nervures (fig. 29). — Une troisième manière de faire les dents consiste à tendre un fil en allant et en revenant au milieu du carré, après quoi on fait passer l'aiguille de gauche
à droite sous le fil du milieu, et de dessus en dessous sous la bride à gauche. Puis on conduit l'aiguille de droite à gauche par-dessus le fil tendu et sous la bride à droite, et ainsi de suite.
Le fil est à serrer assez fortement sur celui qu'on enlace, afin que les points produisent une nervure ronde et très égale sur l'envers de la dent. On fera autant de points qu'il en faudra pour bien couvrir le fil et remplir le bas du carré.
Dents au point de Venise (fig. 3o). — Les dents les plus jolies et celles qui répondent le mieux au caractère du filet brodé sont celles qui se font avec le point de Venise. On commence par faire de sept à huit points de feston sur la bride du filet, puis on continue le même point, en allers et retours, en diminuant chaque rang d'un point, jusqu'à ce qu'il n'en
Fig. 3i. Pose des premiers fils
pour faire une roue et commencement dune roue.
Fig. 32.
Roues au point de reprise simple
et contrarié.
reste plus à faire qu'un seul, par lequel on fixe la dent à la bride supérieure. Le fil est à amener sur l'envers à la figure suivante.
Roues au point de reprise simple et contrarié (fig. 3i et 32). — Pour faire les roues, appelées aussi parfois araignées, on attache le fil au point de jonction de quatre carrés ; on le fait passer en diagonale à droite et à gauche [ûg. 3i, détail de droite), par-dessus le vide, et on fait revenir le fil en enlaçant le premier vers le milieu. On fera autant de points de surjet qu'il en faudra pour donner à ces fils lancés l'aspect d'un cordonnet serré.
Revenu au centre, on passe le fil (dessin de gauche) autant de fois par-dessus les fils en diagonale et par-dessous les brides du filet qu'il est nécessaire pour que la roue couvre la moitié d'une bridé.
Dans la fig. 32 on remarque à droite la roue au point de reprise simple terminée, telle que nous venons d'en donner la description, tandis que le dessin de gauche nous donne la manière de faire une roue au point de reprise contrarié, c'est-àdire avec les fils abaissés et relevés comme dans une reprise. Le dernier dessin fait voir en plus que, quand le fil qui forme le bâti de la roue part d'un coin, il reste simple dans le
premier carré jusqu'à ce que la roue soit terminée. Lorsqu'elle a acquis la circonférence nécessaire, on arrête le fil en passant devant celui qui est la continuation du fil simple, et on fait passer l'aiguille à travers la
Fig. 33.
Roues à côtes.
Fig. 34.
Losanges à côtes.
roue pour doubler aussi le premier fil tendu.
Roues à côtes (fig. 33;.
On prépare un bâti comme pour les roues précédentes, puis on fait un arrière-point par-dessus une bride de filet,
on passe l'aiguille de suite sous la bride suivante et on continue ces arrière-points jusqu'à ce que les brides du filet en soient couvertes. Losanges à côtes (fig. 34]. — Pour faire des losanges on n'établit point de bâti; les arrière-points se font directement sur les brides du filet. Les deux faces des roues et des losanges peuvent être employées dans un ouvrage ; on le remarque dans la gravure, où l'envers et l'endroit se trouvent réunis.
Roues serties de points d'esprit.
Roues serties de points d'esprit (fig. 35). — Souvent une roue se trouve dans un grand carré de filet qu'elle ne peut remplir suffisamment ; alors on la sertit de boucles ou demipoints d'esprit qui comblent le vide qu'elle laisse.
La partie de gauche de notre gravure montre très distinctement comment le fil, passant sous la roue et enlaçant une fois le fil tendu pour la roue, est conduit autour du carreau en formant huit boucles.
La flèche indique comment on relève les boucles et comment on achève le premier cercle autour de la roue. Le second détail dans la même figure explique comment on pose un second fil dans les boucles et comment on y fait passer le fil pour former un second cercle. Le trait blanc sert de guide pour les points. Le troisième détail représente une roue entièrement achevée.
Étoile avec coins au point de feston (fig. 36). — H y a peu de motifs dans le filet brodé qui soient aussi rapidement établis que celui que représente la fig. 36. Deux points de feston sur le côté extérieur et un simple croisement de fil dans le bas servent à faire la jolie rosace ou étoile. Le carré du milieu est enrichi d'une petite roue.
Étoile avec coins au point de reprise (Fig. 37). — Cette figure nous montre un joli motif établi au moyen de points de reprise que l'on fait aller par-dessus une bride tendue et par-