ACTE PREMIER
MAUVERGNAT, à lui-même.
Ne nous grisons pas. Rien qu'un nom de baptême pour
signature, (n se lève, et vient à Armand.) DitCS dOUC...
ARMAND
Est-ce que c'est à vous, ces yeu.x-là?
MAUVERGNAT.
Vous n'êtes pas lié avec les Berteau, vous?
ARMAiXD.
Moi? Je n'en connais pas un.
MAUVERGNAT.
Vous ne savez pas qui est-ce qui peut s'appeler Henriette ?
ARMAND
Tout le monde peut s'appeler Henriette.
MAUVERGNAT.
Gomment donc s'appelle l'avocat?
ARMAND
Il ne s'appelle pas Henriette.
Est-ce que son nom n'est pas Louis?
ARMAND
Je crois que oui.
MAUVERGNAT, k lui-même.
Louis ! c'est évident 1 — Mais suis-je bête ! quel besoin ai-je de son nom à elle? j'ai de son écriture! (n court au
registre où madame Berteau a écrit son adresse et compare les deux écritures.) La lettre est d'elle !
40 LE FIjLS.
ARMAND
Ah çà! vous êtes magnifique, mais mon baccarat?
MAUVE RGXAT, à part.
Qu'est-ce que je vais en faire? Le mari existe- t-il? (A Armand.) Yous le savez !
ARMAND
Quoi?
M AUVERGNAT
Vous avez dû recevoir une double lettre de faire-part. Quels étaient les termes de celle des Berteau?
ARMAND
Les termes ordinaires : u Madame Henriette Berteau a l'honneur... »
3IAUVERGNAT.
Et pas monsieur?
Madame toute seule.
MAUVERGNAT, à part.
Elle est veuve. Sans mari, en donnera-t-elle assez?
— Vendre à l'avocat? Ça vaudrait mieux. — Du sang-froid.
— Il ne sait rien, puisqu'elle l'a emmené. Bien. Il est honnête. Cet avocat qui trouve mauvaise une cause bien payée et insolent un client libéral! Très-honnête. Bien, bien. Mais... oui! Ah! tu es honnête, toi? je t'empoignerai par là! — Et alors... (n regarde Armand.) — Et uue autre idée! Mais cette lettre est une mine d'or! Ah ! bien,
oui , la vendre î ( n rembrasse furieusement.)