ACTE DEUXIÈME
TRICOCHE
Quand on a, depuis dix-huit ans, une lille sur les bras, on a bien mérité de la repasser à un autre.
CrASTON, bas à Louis.
Il est bon, le cousin de ton beau-père.
TRICOCHE
Moi, ma fille n'a pas cinq ans, et je voudrais qu'elle fût déjà mariée. — Et Geneviève, où est-elle?
LE COLONEL
Elle achève de s'habiller.
TRICOCHE
Ah! oui, le coup de peigne, (a louIs.) Vous connaîtrez ça. Oh ! le mariage! Mais ce n'est pas aux pères à en dire du mal.
MADAME TRICOCHE, entrant.
Qui est-ce qui dit du mal du mariage?
LE COLONEL, allant au-devant d'elle.
Ma cousine...
MADAME TRICOCHE
Bonjour, mon cousin. (EUe l'embrasse.)
LE COLONEL, lui présentant Louis.
Mon gendre.
MADAME TRICOCHE, 'à Louis.
Embrassez-moi donc, mon cousin. (EUe r embrasse, a xricoche.) Je le trouve charmant.
TRICOCHE
Déjà!
Et vous, ma cousine, ètes-vous d'avis qu'on a tort de se marier?
MADAME TRICOCHE
Qui donc est de cet avis-là?
TRICOCHE
Moi.
MADAME TRICOCHE
C'est galant. Je serai plus polie que vous : j'adore le mariage.
TRICOCHE
Moi, je le déteste.
MADAME TRICOCHE
C'est que vous ne savez pas vous en servir.
TRICOCHE
Vous savez donc vous en servir, vous?
MADAME TRICOCHE
Qu'entendez-vous par là?
TRICOCHE
Ce qui me déplaît.
GASTON, bas à Louis.
L'a-t-on compté dans la dot?
LOUIS, bas.
Non. — J'attends Geneviève ici. Rends-moi le service de les emmener dans le jardin.
GASTON
Colonel, vous avez là un parc splendide.