‹ Le filsChapitre 57 sur 75 · ACTE T KOI SI L: M F · texte numérisé non relu

ACTE T KOI SI L: M F

LOUIS

Ma raison, eh bien, c'est — un voyage.

MADAME BERTEAU

Un voyage !

Oui, je vais être forcé de m' absenter.

MADAME BERTEAU

Quand?

LOUIS

Aujourd'hui.

MADAME BERTEAU

Aujourd'hui! — Pourquoi?

LOUIS

Parce que... A cause de ce duel. 11 y a une blessure, il y aura des poursuites.

MADAME BERTEAU

Pour une blessure insignifiante ! Il y en aurait, que tu serais acquitté.

LOUIS

Ce serait déjà trop que d'être jugé. Je ne puis traîner ma robe en police correctionnelle.

MADAME BERTEAU

Un duel ne déshonore pas, surtout quand on a été provoqué. — C'est ta vraie raison? Mais non, je perds le sens, tu n'aurais pas alors caché ton départ à Geneviève et à son père. Tu leur aurais dit adieu. Tu as une autre raison.

LOUIS

Non.

MADAME TÎERTEAU.

Et tu reviendrais?...

LOUIS

Je ne sais.

MADAME BERTEAU

Jamais ! Oh ! tu as une autre raison. Qu'est-ce que c'est?

LOUIS

Je ne vous répondrai plus.

MADAME BERTEAU

Pourquoi veux-tu t'en aller?

LOUIS

Vous êtes là à m'arracher les paroles, et vous me feriez dire ce que je voudrais ne pas savoir. Je ne prononcerai plus un mot.

MADAME BERTEAU

T'en aller quand Geneviève t'appartient, quand elle t'implore! Mais c'est donc quelque chose de terrible? Oui, puisque tu me laissais croire plutôt à un duel. C'est donc plus affreux qu'un duel? Mais c'est vrai, on ne s'aperçoit de rien , du moment que tu ne venais pas chez Geneviève aussitôt le péril passé, c'est que tu ne voulais plus la revoir. Que t'a-t-elle fait? Qu'est-ce que ce de Braya pu te dire contre elle? Il a menti! Tu vas me raconter cela, nous irons au fond, tu verras que c'est un mensonge, et nous courrons bien vite demander pardon à Geneviève. Mais réponds-moi donc ! Tu restes là comme après un malheur irréparable. S'il n'y a pas de remède, je me résignerai; mais qu'au moins je puisse essayer de te guérir. Répondsmoi, Louis. Tu souffres, j'en veux ma part. Ne te pétrifie

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