ACTE T KOI SI L: M F
LOUIS
Ma raison, eh bien, c'est — un voyage.
MADAME BERTEAU
Un voyage !
Oui, je vais être forcé de m' absenter.
MADAME BERTEAU
Quand?
LOUIS
Aujourd'hui.
MADAME BERTEAU
Aujourd'hui! — Pourquoi?
LOUIS
Parce que... A cause de ce duel. 11 y a une blessure, il y aura des poursuites.
MADAME BERTEAU
Pour une blessure insignifiante ! Il y en aurait, que tu serais acquitté.
LOUIS
Ce serait déjà trop que d'être jugé. Je ne puis traîner ma robe en police correctionnelle.
MADAME BERTEAU
Un duel ne déshonore pas, surtout quand on a été provoqué. — C'est ta vraie raison? Mais non, je perds le sens, tu n'aurais pas alors caché ton départ à Geneviève et à son père. Tu leur aurais dit adieu. Tu as une autre raison.
LOUIS
Non.
MADAME TÎERTEAU.
Et tu reviendrais?...
LOUIS
Je ne sais.
MADAME BERTEAU
Jamais ! Oh ! tu as une autre raison. Qu'est-ce que c'est?
LOUIS
Je ne vous répondrai plus.
MADAME BERTEAU
Pourquoi veux-tu t'en aller?
LOUIS
Vous êtes là à m'arracher les paroles, et vous me feriez dire ce que je voudrais ne pas savoir. Je ne prononcerai plus un mot.
MADAME BERTEAU
T'en aller quand Geneviève t'appartient, quand elle t'implore! Mais c'est donc quelque chose de terrible? Oui, puisque tu me laissais croire plutôt à un duel. C'est donc plus affreux qu'un duel? Mais c'est vrai, on ne s'aperçoit de rien , du moment que tu ne venais pas chez Geneviève aussitôt le péril passé, c'est que tu ne voulais plus la revoir. Que t'a-t-elle fait? Qu'est-ce que ce de Braya pu te dire contre elle? Il a menti! Tu vas me raconter cela, nous irons au fond, tu verras que c'est un mensonge, et nous courrons bien vite demander pardon à Geneviève. Mais réponds-moi donc ! Tu restes là comme après un malheur irréparable. S'il n'y a pas de remède, je me résignerai; mais qu'au moins je puisse essayer de te guérir. Répondsmoi, Louis. Tu souffres, j'en veux ma part. Ne te pétrifie