SCENE VI
Les Mêmes, THÉOPHILE, en nourrice, entrant; Dumont montre à Théophile Dalogny; Théophile s’avance et fuit la révérence ; il porte un petit paquet sous le iras gauche.
Joséphine, à part. Dieu! Théophile!,.
vasoraiLs.
Al* i Jeunet beautés, charmantes demoiselles. C'est le bourgeois, sort touchant et propice!
Mon cher monsieur, je rlcbanjne S I instant ;
Je viens ici pour être la nourrice .
A ce qu’on oit, d'un jeune et bel enfant.
Que de succès, et comme Plus tard l’enfant plaira,
S’il est aussi bel homme Que monsieur son pspa.
ENSEMBLE, A part.
vrLossi.
Ma foi, cette nourrice A l’air très-bien portant ;
Ma femme est au supplice.
Et je suis triomphant.
mhinii,
Théophile en nourrice !
Quel projet imprudent !..
Quanu je suis au supplice, - U a Pair triomphant.
nomma.
Voici cette nourrice,
Comment faire à présent?
Ah ! je sais an snpplice,
Et monsieur triomphant.
iiKonita.
Sort touchant et propice !
Je débarque è l’instant,
Pour être la nourrice De cet aimable enfant.
SCMOKT.
Sort touchant et propice !
lu voici, c'est charmant 1
Cette belle nourrice A l'air très-bien portant.
* Dalogny, Dumont, h la table , Hurleuse , Joséphine.
(.Sur ta ritournelle, Théophile fait des révérences à tout le monde, efortense lui tourne le dus avec Colère, ainsique Joséphine. Théophile donne son paquet à Dumont , qui le déposé sur le buffet et sort.)
DALOGNY. Et Gervault qui nous écrivait que vous étiez indisposée... cela va donc mieux?...
Théophile. Beaucoup mieux, et je me suis mise en route sur-le-champ *.
DALOGNL, n Hartcnsc. J’espcre, madame, que mon fermier Gervault ne nous a pas trompés, et qu’il nous a envoyé là une belle et bonne nourrice.
HORTENSE. C'est ce qu'on verra...
Joséphine. Je suis de 1 ’avisde madame. .
on ne peut pas sans imprudence.. . admettre ainsi...
HORTENSE. Joséphine a raison...
DALOGNY. De quoi se mêle-t-elle?..
THÉOPHILE. Je pense, en effet, qu’en fait de ça, mademoiselle ne peut pas s’y connaître... et à moins qu'elle n'ait des raisons particulières de vouloir m’éloigner...
JOSÉPHINE. Moi?..
Théophile. Je sais bien que dans les maisons les femmes de chambre en veulent aux nourrices... ce sont des vrais souffre-douleur... ( pleurant ) et il est bien fastidieux, quand on vient donner l’existence à ses maîtres... de penser qu’on en aura une si pénible...
dalogny. Allons, allons... ealmez-vons.
Théophile. J'en ai tant éprouve des vexations domestiques... car, Dieu merci...
je sais ce que c’est que la nourriture...
dalogny. Ce n’est donc pas votre premier enfant?.,
Théophile. J’en ai eu cinq... un clinquailler... un substitut. .. un colonel... un pairdc France... et un épicier.. .
Dalogny.Vous voyez qu’elle est au fait.
THÉOPHILE. Et qu il est doux, quelques années plus tard, de se dire, en voyant passer un magistrat ou un capitaine de gendarmerie... j’ai tenu dans mes bras, j'ai élevé, nourri, fouetté... ces gaillards-là !... ce sontles jouissances de l’aine... ccllcsde la nourrice... et il faut bien qu’elle ait quelque dédommagement... car, quoiqu'elle possède un cœur et quelquefois un mari... son état lui impose une tenue bien sévère ; je ne dis pas ça pour moi... je vivrais sans peuser à rien... tout le monde vous le dira.
dalogny. Je n’en doute pas... et votre nom...
* Cette première scène doit être jouée, par Théophile, arec la voix de femme, l«t volubilité et le tâtiiloimagc d’une nourrice.