‹ Le fils de Cromwell;Chapitre 50 sur 62 · ACTE IV, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VII

sieur Clarck, de belles dames qui voulaient me retenir à déjeûner... Avez-vous faim ? Je n'en sais rien... Je n'ai pas le temps...

CHARLES

Moi, j'ai un appétit royal qui n'a pas le temps d'attendïe.

RICHARD

Et je vois que vous êtes comme lui... Pour prendre patience... asseyons-nous, et causons de vos affaires... car je viens de voir lady Hélène. (Il prend un fauteuil et s'asseoit le premier près de la table à gauche. ) Asseyez vous.

CHARLES, le regardant.

Ce bon M. Clarck est avec moi d'une aisance... (Prenant un fauteuil.) Et si ce pauvre jeune homme connaît jamais la vérité...

(S'asseyant de l'autre côté de la table.) RICHARD.

J'avais promis à lady Terringham et à d'autres encore, de vous sauver.

CHARLES

Et vous avez tenu \olre parole en digne et loyal gentilhomme... Ce n'est pas votre faute si votre chaise de poste s'est brisée... Aussi, quel que soit votre état ou votre emploi, je ne demande qu'une chose ! que la bonne cause triomphe, que Richard soit renversé.

RICHARD

Vous êtes bien bon.

CHARLES

Que Stuart reprenne sa place et je vous promets alors...

RICHARD, souriant.

Que je ne garderai pas long-temps la mienne...

je m'en doute, mais ce n'est pas de moi, milord,

c'est de vous qu'il s'agit... Votre sœur...

CHARLES, étonné.

Ma sœur. (Se reprenant.) Ah! c'est juste.

RICHARD

Lady Hélène s'effraie de notre séjour ici, et voudrait vous voir partir.

CHARLES

Après déjeûner.

RICHARD

Mais, pour échapper aux poursuites de Richard ou de ses ministres... où irez-vous à Londres? CHARLES.

Eh parbleu 1 chez vous !

RICHARD

C'est un moyen ! Mais si on vous découvre?

CHARLES

On De me découvrira pas, et Richard ne se doutera même pas de mon séjour en Angleterre.

RICHARD

Peut-être le sait-il déjà ?

Le connaissez-vous?

CHARLES

Ou prétend que c'est un honnête homme et un simple particulier très distingué.. . toutes les vertus bourgeoises... Il n'a qu'un défaut.

RICHARD

Lequel?

CHARLES

Celui d'être roi.

Défaut que Stuart voudrait bien avoir.

CHARLES

C'est vrai ! c'est à peu près le seul qui lui manque... car il a tous ceux qui font un grand prince. Il aime la dépense, le luxe et les plaisirs, et si ses sujels ne sont pas heureux, ce ne se sera pas sa faute, car fon règne sera une fête continuelle. (On apporte un plateau sur lequel est un thé. ) Ah ! ce n'est pas malheureux I (Continuant a causer en se servant du thé.) Aussi l'espoir de voir revenir des bals, des plaisirs et une cour où l'on puisse briller et intriguer, fait que toutes les ladys conspirent activement pour notre cause... D'abord elles nous amènent leurs maris, ce qui est quelque chose... et puis d'autres encore... ce qui est beaucoup plus nombreux... Et vous-même vous y viendrez... vous serez des nôtres... quoique lady Régine prétende que vous tenez un peu au parti puritain... mais je rae suis chargé de vous convertir... et j'en réponds.

RICHARD, souriant.

C'est original !... moi qui justementavais l'idée, et dans votre intérêt, de vous faire renoncer à vos espérances.

CHARLES, vivement.

Elles n'ont jamais été plus certaines .. Songez donc que nous avons pour nous le duc Hamillon, le comte de Landerdale, le marquis d'Osmond et le lord maire !

RICHARD

Ce n'est pas possible I Ils se sont ralliés à Richard et lui ont prêté serment de fidélité. CHARLES, riant.

Serment politique!... De plus, Horace Towsend, Midleton, Artindel.

Erreur! ils ont demandé et accepté des places.

CHARLES

C'est convenu dans le parti... On tend la main au gouvernement pour l'empêcher de marcher. RICHARD.

Vous vous faites illusion, vous dis-je.

CHARLES

Je viens de les voir et de leur serrer la main.

LE FILS DE CUOMWl'.I.L.

RICHARD, à part.

Lady Hélène aurait-elle raison?. .

CHARLES, lui servant du thé.

Ce n'est rien encore. Ces dames ont entrepris de séduire nos ennemis... C'est pour !a bonne cause, tout est permis!.. La coquetterie devient de la fidélité et du royalisme et bientôt, mon cher, votre parti lui-même, vos plus rigides puritains... RICHARD.

Vous plaisantez.

CHARLES

Ah! vous ne savez pas ce qu'il y a d'adresse et d'esprit dans toules ces jeunes ladys. La duchesse Hamilton, lady Terringham surtout, ou plutôt, vous la connaissez, une femme supérieure... une femme d'élat, tout dans la tète, rien dans le cœur... une personne adorable... mais je dois être discret... car c'est chez elle que je vous ai rencontré et vous vous y intéressez peut-être?

Moi!... nullement...

CHARLES, avec joie.

Vrai!... eh ! bien tant mieux... car je vous dirai en confidence et en ami, que, dans le peu de jours qu'il l'a vue, le roi s'en est épris à en perdre la tête.

RICHARD, vivement.

Stuart 'est donc en Angleterre?

CHARLES

Eh ! oui, mon cher, silence !

(Tous deux se lèvent de table.) RICHARD.

Et lady Régine...

CHARLES , riant.

Est charmante... elle et lady Hamilton se disputent déjà la place de favorite... et en promettant à l'une et à l'autre...

RICHARD

Quoi ! les adorer toutes les deux ?

CHARLES

Le roi leur doit cela !... il leur doit tant!... C'est par elles, c'est par leur adresse que les républicains viennent à nous...

RICHARD, avec indignation.

Des femmes peuvent trahir... mais des amis, des soldats de Cromvrel, ce n'est pas possible! CHARLES , riant.

Eh ! si, vraiment, mon cher M. Clarck, vous ne voulez rien croire !... tous les républicains mécontens ou désappointés , tous ceux qui espéraient succéder à Cromwel... et ils étaient beaucoup... sont autant d'ennemis de son fils Richard... Qu'ils ont porté au pouvoir 1...

CHARLES

Par intérim... et aujourd'hui même... dans

celle auberge, sous prétexte d'un repas de corps,

doit avoir lieu une réunion mystérieuse à laquelle je dois assister....

RICHARD

Vous!...

CHARLES

Pour le roi ! et en son nom.

RICHARD

Et moi, milord, je vous déclare que l'on vous

abuse... ou vous vous abusez vous-mêmes... ils ne

viendront pas.

CHARLES, riant, doncl

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