ACTE CINQUIÈME
UABÉCHAL.
n est amoureux? Parbleu, le beau malheur I Nous l'avons tous été, et nous voilai
Ce n'est pas une amourette, monsieur; c'est une passion.
HARl£CHAL.
Quoi ? Une jeune fille qu'il ne peut pas épouser ?
6IB0TEIU
Précisément.
MAHÉCHAL.
Que le diable emporte les jeunes gensi (a part.) Et ma réponse... après-demain. (Haut) — Quand partez-vous?
Demain soir.
HARéCHAL.
Donnez-moi. au moins huit jours.
CIBOTBR.
Pas un seul, monsieur; je suis attendu.
UARÉGHAL.
Sapristi I N'y aurait-il pas moyen d'arranger ce mauditmariage ?
6IB0TBR.
C'est tellement impossible, que nous ne le désirons même pas.
MARÉCHAL
La famille a donc des prétentions par-dessus les maisons ?^ . Car enfin votre neveu est charmant de sa personne; il a un avenir magnifique, un présent très-acceptable, puisque je lui donne... Oui, j'irai jusqu'à vingt mille francs. Que diable! c'est une position superbe! Qu'est-ce donc qu'il leur faut, à ces imbéciles-là 7
GIBOTBR.
Si je vous disais le nom de la jeuno personne , vous n'in^ listeriez pas.
C'est donc une Montmorency ?
GIBOTER.
Mieux que cela monsieur 1 Pour en finir d'un mot , c'est mademoiselle Fernande.
MARÉCHAL, très-pincé.
Ma fille?... Mon secrétaire. se permet de lever les yeux sur ma fille?
Non, monsieur, puisqu'il part pour l'Amérique.
MARÉCHAL
Bon voyage ! Elle n'est pas pour ses beaux yeux , mon cher monsieur.
GIBOTER, 8'iiicllxiant comme pour prendre congé.
Je le sais. Puisse-t-elle être heureuse avec M. le comte d'Où* treville !
MARÉCHAL
D'Outrevîlle ? Ah bien, oui !... (Ramenant ciboyer en ecène.J Encore une obligation que je vous ai ! Tout est rompu, grâce à l'attitude que vous m'avez fait prendre.
GIBOTER, à part.
Je m'en doutais bien.
MARECHAL, arpentant la scène avec agitation.
Ma pauvre enfant ! Un mariage annoncé partout ! la corbeille achetée, les bans publiés I Comment la marierai-je à présent ? Et tout cela par voire faute , monsieur.
GIBOTER, immobile et froid.
Cette rupture ne vous préoccupait guère , quand je suis arrivé. , ; '
MARECHAL. K. l ' '
llélas I je comptais sur ma gloire pour en réparer l'effet. ç>/ Ma gloire ! autre crève-cœur 1 Vous me livrez sans défense