ACTE CINQUIÈME
MARÉCHAL
Je te présente M. de Boyergi, oncle de Maximilien. — Saistu ce qu'il vient de m'apprendre ? Le départ de son neveu pour rAmérique.
FERNANDE
Il part? Il ne m'en avait rien dit.
GIBOTEH.
C'est une résolution de ce matin, mademoiselle.
FERNANDE
Ne viendra-t-il pas nous faire ses adieux?
6IB0YER
E a très-peu de temps à lui; il m'a chargé de vous présenter ses devoirs.
FERNANDE
II nous croit donc bien peu de ses amis? Dites-lui, monsieur, que j'aurais été heureuse de lui serrer la main, et que je lui souhaite tout le bonheur dont il est digne.
MARÉCHAL
E s'agit bien de bonheur pour lui I Sais-tu la cause de cette résolution désespérée? Monsieur ne voulait pas me la dire; mais on ne me cache rien, k moi. Ce pauvre jeune homme s'en va pour t'oublier.
FERNANDE
M' oublier?... (a ciboyer.J Croyez bien, monsieur, que je ne suis coupable d'aucune coquetterie. Le hasard seul a fait naître entre nous une espèce d'intimité que je regrette profondément, puisqu'il devait en sortir pour M. Gérard autre chose que de l'amitié.
MARÉCHAL
C'est bel et bon, mais le mal est fait. Eh bien, ca ajé désole. Je fais le plus grand cas de ce jeune homme, moi. C'est nu garçon d'un rare mériia et d'une élévation de sentiments plus rare encore.
FERNANDE
Tu ne lui rends pas plus justice que moi.
MARÉCHAL
Il est pauvre, tant mieux! Bref, il ne dépend que ue toi qu'il soit mon gendre, (a ciboyer.) Vous ne vous attendiez pas à celle-là, hein? (a Fernande. ) £h bien, acceptes-tu?
FERNANDE
" Oui, mon père.
GIBOTER.
Ah! mademoiselle, merci! je cours lui apprendre...
LE DOMESTIQUE, annoncent.
M. Gérard.
GIBOTER.
Ahl les amoureux!... Il voulait partir sans vous revoir!
MARÉCHAL, bas.
Chut! laissez-moi faire! (n ■'assied sur le Cauteua au milieu de to ■cène ; Fernande debout derrière lui.) — Qu'il entre I