ACTE CINQUIEME. U
MAXIMILIEN, avec éclat.
C'est pour cela qu'il ne m*a pas reconnu, et non pour se soustraire aux devoirs de la paternité. Il les a accomplis avef une abnégation surhumaine. II m'a fait litière de son corps et de son âme. Qu'on le juge comme on voudra, je suis sa vertu, et ce n'est pas à moi de le renier! Il ne m'a pas reconnu, mais, moi, je le reconnais ; car il s'est légitimé par le dévouement*
6 1 B T E R , d'une Toiz tremblante.
S'il t'entendait, il serait trop payé I mais laisse-le achever sa tâche I puisqu'il a consacré sa vie à aplanir la tienne, ne lui inflige pas cette douleur, la seule qu'il n'ait jamais prévue, de devenir obstacle lui-même; ne lui refuse pas 'amère volupté du dernier sacrifice, (a Maréchal, d'une voix ferme.) Je vous le promets en son nom, monsieur, il disparaîtra, il s'en ira... bien loin.
MAXIHILIEN.
Où il ira, f irai : c'est mon devoir, c'est ma joie. Je ne le séparerai pas du seul homme qui puisse entourer sa vieillesse de respect et s'agenouiller à son lit de mort.
Ces sentiments-là vous honorent; mais ils sont absurdes , n'est-il pas vrai, monsieur de Boyergi ? (ii passe an miiien!)
GIBOTER.
Oui.
MARÉCHAL
Vous^'pleurez ? Ehl mon Dieu, croyez-vous que, moi-même je ne suis .pas ému? Je le suisi Je rends justice à ce brave monsieur Giboyer, et je lui serrerais bien volontiers la main..^ dans un coin; mais je ne peux en faire ma société, quand le diable y serait, (passant à gauche.) Ne me demande' pas l'impossible.
MAXIMILIBN.
Je ne demande rien, monsieur.
448 LE FILS DE GïBOYER.
MARÉCHAL, & part.
C'est souvent une manière de tout obtenir; je la connais. fHaut.) Je vous déclare que je suis au bout de mes concessions. Choisissez entre votre père, puisque père il y a... et ma fille.
HAXIMILIEN.
Mais, monsieur, je n'ai pas même le droit do délibérer.
GIBOYER
Je t'en supplie , ne t'inquiète pas de lui. Tu ne connais pas ces dévouements farouches qui se repaissent d'eux-mêmes. Va, le plus doux compagnon que tu puisses donner à sa vieillesse, c'est la pensée que tu es heureux.
HAXIMILIEN.
Plus il me pardonnerait mon ingratitude, moins je me la pardonnerais, moi ! — Non !
GIBOTBR, tristement.
• N'en parlons plus.
MARÉCHAL, avec humeor.
N'en parlons plus. Allez en Amérique, et grand bien vous fasse! Vous n'aimez pas ma fille, voil^ tout.
MAXIMILIEN, tombant dans le fauteuil du milieu ayeo un sanglot
Je ne l'aime pas!
MARÉCHAL, de la porte.
Viens, Fernande. (Femande, qui a suiri toute la scène du fond dn théâtre, s*ayance lentement vers Maximilien et, lui prenant la tétc entre ses mains, lui donne un baiser au front. Puis elle se redresse et regaule son père.
Es-tu folle? Me voilà bien maintenant! Vous triomp'noz, monsieur, vous êtes maître de la situation; il ne vous reste plus qu'à amener M. Giboyer chez moi et qu'à l'installer dans ma robe de chambre.
FERNANDE, è Giboyer
— Je Serai heifreuse. monsieur, que vous m'appeliez voire QUe.