ACTE TRDtSIÈHE
GIBOTER.
Je le croyais. . Mille francs par mois me paraissaient assez mythologiques
MAXIMILIBN.
Ce n*est pas la richesse, mon pauvre ami.
GIBOTBR.
En tout cas, c'est Tindépendance. Tu n*es plus fait pour être au service de personne, l^enfant. Donne ta démission à M. MaréchaL
MAXIXILIEN.
Elle est donnée.
GIBOTBR.
Bahl
MAXIMILIBN.
Je n*ai pas attendu tes millions pour m'ennuyer d'être chez les autres.
GIBOTBR.
Tout est pour le mieux! Tu vas reprendre ton tour du monde.
MAXIMILIBN.
Quitter Paris?
Qui t'y retient?
Mais... toi.
GIBOTBR.
MAXIMILIBN.
GIBOTBR.
Tu te figureras que je suis toujours à Lyon. Ce n'est pas pour mon plaisir que je me sépare de toi. Quand on veut que le vin de Bordeaux vieillisse vite, on l'expédie sur mer. C'est une dépense d*argent , mais une économie de temps. Dans un an, j*aurai du Maximilien retour des Indes.
MAXIMILIBN.
Tu veux m'expédier aux JndesV
OIBOTER.
Pas tout à tait; en Amériqae.
MAXIMILISH.
Pourquoi faire?
GIBOTBE.
Tiens, parbleu 1 pour y étudier la démocratie»
MAXIMILIEN
Merci I ... G*est trop loin.
GIBOTER.
C'est plus loin que Yiroflay; mais tu adorais les voyages.
XAXIMILIEN*
Il parait qne je ne les aime plus.
GIBOTEE.
Ahl ... qu*aimes-tu donc?
MÀXIHILIBN.
J'aime... Mais que n'y vas-tu toi-même, en Amérique, pour te guérir une bonne fois de tes chimères?
GIBOTEE.
Mes chimères?... Ne sont-elles plus les tiennes? Voilà du nouveau ! Qu'est-ce qu'il y a là-dessous?
MAXIMILIEN, avae impâtfmot.
Rien. Que veux-tu qu'il y ait?
ttIBOTER, la prônant par la bni.
Regarde-moi donc en face!
MAXlMILIEIt, ta d4tafaant tiimnant.
Eh! laisse-moi 1... N*est-K>n pas maître de croire outre chose que ce que tu enseignes? (ii nmonta la taftae.)
GIBOYER
àh!».. Et peut-on savoir ce que tu crotst
9 doit j je ne /
ACTB TROISIËMIL M
MAXIMILIRN.
Je crois qae la seule base solide dans Tordre politique comme dans l'ordre moral, c*est la foi, lai
GIBOTER.
Tu es légitimiste à présent ?
MÀXIMILIBN.
On n'est pas légitimiste pour ça.
GIBOTER.
Ne jouons pas sur les mots. Je ne connais qu'une fagon d'in^ troduire la foi dans le domaine de la politique, c'est deprofes- \ ser que tout pouvoir vient de Dieu, et par conséquent ne doit de comptes qu'à Dieu. C'est une opinion considérable, .dis pas le contraire; mais, quand on la professe, à quelque p: qu'on croie appartenir, on est légitimiste.
MAXIMILIBN.
Eh bien, mettons que je le suis.
GIBOYBE.
Tu l'es?
MAXIMILIBN.
Pourquoi pas?
GIBOTER.
Ma vie se déroberait sous moi pour la seconde fois? (AUaiit à ■udmiUMi.) Qui t'a volé à moi, cruel enfant? Par où m'échappes-tu? Qui t'a perverti? U y a une femme là-dessous 1 Les femmes seules font de ces conversions-là 1 Tu n'es pas légitimiste, tu es amoureux I .
MAXIMILIBN.
Moil
GIBOTER.
^ f a Ici quelque sirène qui s'est amusée à te catéchiser.
MAXIMILIBN, pMMBt à ffsoelM.
Madame Maréchal, une sirène 1 Mon seul catéchisme est un^'discours de son mari que J'ai médité en le copiant.
9S LE jflLS DB GIBOTEa
GIBOYBR.
Le discours de Maréchal 1 Un rainas de sophismes el de vieilles déclamations !
UÀXlMlLIBIt.
Qu'en sais-tu ?
GIBOTBR.
Parbleu! c'est moi qui l'ai faitl
UÀXIUILIBN.
Toi?
GIBOTEEy après un* hétitatioii.
Eh bien , oui, moll Par conséquent, tu vois ce qu'en vaut l'aune.
MAXIMILIBN.
Âh! tu fais ce métier-là? Celait avant ton héritage, sans doute?
GIBOTBR.
Méprise-moi, marche sur moi, je ne compte plus ; mais rends-moi la droiture de ton esprit, qui est le fondement de mon édifice, ma réhabilitation à mes propres yeux, ma résurrection! J'ai déshonoré en ma personne un soldat de la vérité^ je ne suis plus digne de la servir; mais je lui dois un remplaçant, et je me suis promis que ce serait toi. Ne déserte pas, mcn cher enfant!
MÀXIMILIEN.
Ta vérité n'est plus la mienne t Celle que je reconnais et que je veux servir, c'est celle qui t'a dicté ton discours. Ce qui m*étonno, c'est qu'elle ne t'ait pas désabusé toi-même de Vies utopies.
GIBOTBR.
Àh ! la pire des utopies est colle qui veut faire rebrousser chemin à Thumanité.
MAXIMILIBN.
Quand elle b'est trompée de routel