ACTE PREMIER. (r
Chambre pour la campagne que nous préparons contre rUni--^ versité; je voudrais que le choix tombât...
Sur M. MaréchaL--^"
LE HA R QUI s.
Vous Tavez dit.
LA BARONNE
Y songez-vous, marquis ? M. Maréchal I
LE HARQUIS.
Oui, je sais bien... Mais nous n'avons pas besoin d'un foudre d'éloquence, puisque nous fournissons les discours. Maréchal lit aussi couramment qu'un autre, je vous assure.
LA BARONNE
Nous l'avons fait député à votre recommandation, c'était déjà beaucoup.
LE MARQUIS
Permettez I Maréchal est une excellente recrue.
LA BARONNE
Cela vous platt à dire.
LE MARQUIS
Vous êtes bien dégoûtée ! Un ancien abonné du Constitihtionnel, un libéral, un voltairien, qui passe à l'ennemi avec armes et bagages... Comment vous les faut-il? M. Maréchal-^^ n'est pas un homme, ma chère; c'est la grosse bourgeoisie qut-' ~ vient à nous. Je l'aime, moi, cette honhéte bourgeoisie qui a pris la Révolution qp horreur depuis qu'elle n'a plus rien à y gagner, qui voudrait figer le flot qui l'apporta et refaire à son profit une petite France féodale. Laissons-lui retirer nos marrons du feu, ventre-saint-gris ! Pour ma part, c'est ce réjouissant spectacle qui m'a remis en humeur de poli tiquer. Vive donc M. Maréchal et tous ses compères, messieurs les bourgeois du droit divin 1 Couvrons ces précieux alliés d'honneurs et de gloire, jusqu'au jour où notre triomphe les renverra à leur moulin I
LA BARONNE
Mais nous avons plusieurs dépulés de la môme farhit^; pourquoi choisi rioQS-nous le moins capable pour notre orateur?
LE MARQUIS
Encore un coup, ce n'est pas une question de capacité.
LA BARONNE
Vous protégez beaucoup M. Maréchal.
LE MARQUIS
Que voulez-vous I je le regarde un peu comme un client de. ma famille. Son grand-père était fermier du mien; je suis subrogé-tuteur de sa ûUe : ce sont des liens.
LA BARONNE
Et vous ne dites pas tout.
LE MARQUIS
Je dis tout ce que je sais.
LA BARONNE
Alors, permettez-moi de compléter vos renseignements. Le bruit court que vous n'avez pas été insensible jadis aux charmes de la première madame Maréchal.
LE MARQUIS
Vous ne croyez pas, j'espère, à cette sotte histoiret
Ma foi 1 vous dédommagez tant M. Maréchal...
LE MARQUIS
Que j'ai l'air de l'avoir endommagé? Eh! mon Dieu! qui peut se croire à l'abri de la malignité? Personne... Pas même vous , chère baronne.
LA BARONNE
Je serais curieuse de savoir ce qu'on peut dire de moi.
LE MARQUIS
Des sottises, que je ne vous répéterai certainement pas.