‹ Le fils de l'homme; souvenirs de 1824Chapitre 8 sur 14 · LE COMTE, /^«/^ L'ABBÉ · texte numérisé non relu

LE COMTE, /^«/^ L'ABBÉ

l'abbé.

Ah I vous êtes seul , monsieur le comte , tant mieux , cas je désire avoir un moment d'entretien avec vous.

LE COMTE

Je suis à vos ordres , monsieur l'abbe I , . .

l'abbé. . , ;|^ r fi

Attaché, comme vous le .savez, depuis fort peu de temps à la cour de Vienne, en qualité d'aumônier, j'ai été désigné pour diriger la conscience du jeune duc, et c'est pendant cette sainte semaine que mes fonctions vont conimenceri'"')

HV io't LE COMTE.

Je le sais.

l'abbé .

Vous comprenez combien il est important pour bien remplir les intentions de la cour, que je {jagne la confiance , l'amitié du jeune prince. Et vous, monsieur le comte, qui l'avez élevé , vous pourriez m'en faciliter les moyens ;, car fjgv*? jÇonnaissez ses goûts, son caractère, et... ' '^qo. no^ » >Vi.

LE COMTE. \-^(^ a.A,

Si je connais son caractère !.. je le crois bien, l'abbè'^^^'èit moi qui l'ai fait, son caractère. X^''-^;™ J» ^^"^- « -^«i'

, . , . , , UT- ;it}f>f[i:

.le sais qu en jetant les yeux sur vous , la cour a lait un excellent choix, et que vous entrez parfaitement dans ses intentions...

LE COMTE. .^<, .4i|/,0.^ i ':

Certainement que j'y entre. On m'a dit : Comte de "Walterbrutli , le jeune duc , par telle , telle et telle raison , doit entièrement ignorer sa naissance et la vie aventureuse de son père ; il est nécessaire aussi qu'il ne reçoive qu'une éduiatioh imparfaite, fausse , étroite ; aussi l'on vous choisit pour'sb^n gouverneur. Vous pensez , l'abbé, que je me suis fait *^\i point d'honneur de justifier la confiance du gouvcrnéiiier(l'; j'ai mis tous mes soins à faire de mon auguste élève le prince le plus nul de la confédération germani([ue ; j'ai fait des ellorts de génie inouïs pour l'abrutir-- passC7-moi le mot : Eh bien I Ad

L'àBBtÉpup oJioe n

Eh bien ? ->Idcaj/iio > cjsijj iiEiOfe ya sho ; 'v^f.agjsq non luc

.•vSi' . LE iCOtMTE. iyjijyi

Eh: bien, j'ai presque perduimoin. te^/i,^ p^fjla.fiiijÇiijndre disposition! des idées élevées, justes, qui se font jour à

clia({ue instant, <le manière à lii'eftVayer. ScuIciulmii, luul ce que j'ai pu obtenir, c'est l'ignorance la plus complète, la plus épaisse en matière d'histoire et surtout d'histoire contemporaine ; il n'a que cela de bon , c'est son beau côté.

l'abbé.

C'est l'essentiel: quant aux idées élevées, justes, il est facilede leur donner une direction... ( à part) et maintenant ce soin me regarde.

LE COMTE

Grâce à ma vigilance , aucun étranger n'a jamais pu parvenir jusqu'à lui : ce n'est pas que des tentatives n'aient été faites ; dernièrement encore , un jeune homme, un Français ma foi , n'est-il pas venu me demander l'autorisation de présenter au duc je ne sais quel poème de sa composition , dont îe héros était Napoléon ; vous jugez comme je l'ai reçu ; d'ail ■ leurs, ce qui me rassure pour mon élève , c'est cette apathie, cette nonchalance dans laquelle il se plaît... Pourtant, je crois m'être aperçu d'un bien grand défaut.

l'abbé.

Vous m'eftVayez I

LE COMTE, mystérieusement.

.ïe crois, car je n'en suis pas sur, mais j'ai de fortes présomptions pour croire, que malheureusement...

l'abbé Achevez...

LE COMTt;|f[3[ 3^

Que malheureusement il pense I il pense beauc<^yp,..

l'abîjé.

Il pense !..

'i .; . >;!J- LE COMTE. 'fi-'l

Ii'pè¥i^é}'!^îFàime surtout à être seul , renfermé ; et là , sa tête dans ses mains ^ il rêve des heures entières ; et puis toutà-coup il relève son front, ses yeux étincellent , son regard est vif et perçant comme celui de... puis il marche avec agitation ; mais cette crise n'est que passagère , et bientôt son regard s'éteint , il se calme et retombe dans son apathie habituelle.

, ' ^'^'^^^ ''"':i^k^^Yréflcehissant.

Caractère essentieUement propre à la vie contemnlativev.f.

jb jeoiio âiJpIe)iipTi-i' ^ ^ nom , bbii,^ u4 a. i-i jiU

.,:,,-> -,nr,r.h "ii->-> f; ■ 'i ' ^^ COMTE. AjUiilor. fy î. AduTn^''.

Eh I tenez... Cju'est-ce que je vous disais? Le voyez-vous là bas dans la galerie ? Il se promène le front baissé , les mains derrière le dos, juste comme et vite courons le rejoindre... je tremble toujours, quand il est seul , ,qii*^ quelque lueur subite de génie... au lieu que lorsquqje suis près de lui...

l'aboé.

Oui , je conçois qu'alors il n'y a rien à craindre.

LE COMTE. "'

Mille pardons ; l'abbé je vous rejoindrai bientôt.

l'abbé.

\'cui!I('z prévenir Son Altesse que l'ollice tiu soir connnenceia dans une denii-heui'e.

(Le comte sort.)

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