‹ Le fils de NemoursChapitre 18 sur 56 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Mais assassin! Tenez, le sang me fait horreur.

LE DUC

Qu’as-tu fait cette nuit?

LE GORGIAS, déconcerté.

Cette nuit?..,

EE DUC

Oui.

LE GORGIAS, se remettant.

Seigneur,

Vous oubliez toujours que vos gens doivent vivre,

Et qu’on s’enrichit peu d’ordinaire à vous suivre. LE DUC.

Je pourrais t’enrichir.

LE GORGIAS

Vraiment?

LE DUC

Quand tu voudras.

LE GORGIAS

Je le veux.

LE DUC

Un instant. Mais tu m’appartiendras?

LE GORGIAS

Tout entier.

LE DUC

Sans parler?

LE GORGIAS

Oui.

LE DUC

Sans aucun scrupule?

LE GORGIAS

Seigneur , quand j’ai promis, jamais je ne recule.

LE DUC, te rapprochant de Gorgias.

Tu connais bien Clarins : cet homme me déplail.

Il faudrait que, sans bruit...

LE GORGIAS

J’entends. Ce sera fait.

LE DUC

L’autre... As-lu des enfants?

LE GORGIAS

Mon seigneur, à vrai dire.

Je me suis toujours cru peu fait pour le martyre,

J ’aime la liberté , le grand air , le soleil ;

Le jour franche lippée, et la nuit bon sommeil ;

Et je n’eus point le cœur, pour adoucir mes peines , De traîner pesamment d’indestructibles chaînes.

LE DUC

Je puis compter sur toi. L’autre....

Il vous en faut deux?

LE DUC

Est d’un plus noble sang.

LE GORGIAS

Vous n’en paierez que mieux.

LE DUC

Il est jeune.

LE GORGIAS

Qu’importe ! un poignard n’a point d’àme.

LE DUC

Aimable.

LE GORGIAS

J’y suis fait : j’empoisonnai la femme Du comte d’Armagnac, à Lectoure.

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