‹ Le fils des etoilesChapitre 5 sur 32 · SCÈNE III ŒLOHIL. — UARCHIMAGE · texte numérisé non relu

SCÈNE III ŒLOHIL. — UARCHIMAGE

L'ARCHIMAGE (revenant sur ses pas)

Berger? Berger? Un papyrus tomba de ma main, ici-même.

ŒLOHIL

Le voici !

L'ARCHIMAGE Déroulé! Tu as ouvert tes yeux hardis sur les secrets magiques?

ŒLOHIL

Mes yeux hardis sur le livre céleste, s'ouvrent toutes les nuits.

L'ARCHIMAGE Qui donc t'apprit la langue de Sumir?

ŒLOHIL

Levieux pâtre Douzi.

L'ARCHIMAGE

Ton nom ?,.. ton père ?

ŒLOHIL

Mon nom est Œlohil,.. Mon père ?. .. Je suis fils des Etoiles.

L'ARCHIMAGE

Présomptueux !

ŒLOHIL

Pourquoi ? Mes yeux en s'ouvrant à la vie virent d'abord les célestes étoiles.

Car j'étais seul et nu, au bord du fleuve quand Douzi me trouva. Dès que je pus comprendre, il me montra les Sept qui régnent sur les hommes ;

et j'appris à nombrer les astres-dieux, à prévoir les saisons,

conjurer Turuck, le nirgal, le tétai, le Namtar et Tidpa, tous les

démons méchants.

Un mage qui vécut à Sirtella, à mes questions, parfois daignait répondre et sa moindre parole, je la méditais dans la nuit, sous l'œil bienveillant des étoiles.

Je trouvai ici même, une lyre brisée : la fille de notre patési Tavait jetée de sa terrasse. Je nommai chaque corde d'un nom des Sept, et j'appris à charmer. C'est moi qui chante la prière aux bergers. Quand passe un mage, je mendie,

au lieu d'une largesse, et comme à vous, en ce moment : « Un peu de Magie, s'il vousplaît, mon bon Mage, au nom de Mérodack. »

L'ARCHIMAGE

Eh bien ! fais ta question.

ŒLOHIL

Qu'est-ce, la Volonté ?

THÉÂTRE DE LA ROSE-CROIX

L^ARCHIMAGE Des quatre rectricesdu monde c'est la dernière, non la moindre!

ŒLOHIL

Le papyrus dit :

et Volonté, force forte de toute force » Et les autres ?

L'ARCHIMAGE Sont le Destin, la Providence et la Nécessité.

ŒLOHIL

Nebo me soit en aide, car je ne comprends pas ! Un mot encor, ô Mage î

Ace moment solaire, où les jours aux nuits s'égalent,

mon sort toujours s'augmente!

C'est bien alors que Douzi me trouva

et que le Mage vint, que je saisis la lyre et que j'apprends la volonté !

UARCHIMAGE Veux-tu me suivre dans le temple d'Ereck, néophyte ?

ŒLOHIL

O Mage ! ô Maître ! Qu'Ea te donne le mot sublime ! Sois béni de Nébo pour celte offre, que je dois refuser.

L'ARCHIMAGE

Je me trompais. Ce zèle de s'instruire cède devant les yeux d'une fille de Sirtella que tu pleurerais de quitter.

ŒLOHIL

J'ai consacré mes yeux aux brillantes étoiles,

mes yeux qui n'ont jamais pleuré qu'à la mort de Douzi.

« Fils des Etoiles », me dit-il « mon dernier conseil, souviens-t'en ;

Demeure à Sirtella jusqu'au jour

où ton âme s'emplisse d'un unique désir impérieux, et qu'une étoile t'ait parlé. »

L'ARCHIMAGE

Quand la lune sera au milieu de sa course,

je reprendrai ma route vers Ereck.

D'ici là pèse bien ton oracle et mon offre, Choisis !

SCÈNK IV ŒLOHIL

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