SCENE XVI
JACCOPPO, NINETTA
JACCOPPO.
Ninetta, parlons, pas un instant à perdre.
ninetta, furieuse.
Où voulex-vou* aller?
jaccoppo.
A Naples, à Milan... n'importe ou, quelque part ou ailleurs... je te conterai tout cela en route.
NINETTA
Vous suivre! vous suivre...
JACCOPPO.
Mais elle ne me tutoie plus ! tu ne m’aimei donc plus?
NINETTA
Je vous abhorre... je vous exècre !
JACCOPPO.
Allons!... il ne me manquait plus que cela... mais qu’ai-je donc fait?
NINBTTA.
Ce que vous avez fait? m'avoir livrée chez vous aux attaques injurieuses de deux seigneurs débauchés. . ah! c'est une bien grande petitesse.
JACCOPPO.
Oh ! je comprends maintenant !
M If ITT A.
Et pour m’attirer dans ce piège indélicat, vous avez employé l’insidieux prétexte d'élre à jeun, alin que j’aille vous chercher à souper, à vous qui n’aviez pas faim, menteur !
JACOPPO.
Je n’avais pas faim ! grand Dieu ! passe-moi donc le panier... je veux tout dévorer pour te prouver mon innocence... Mais non, partons, viens !... je n’ai pas même le temps de manger.
NINETTA
On ne me trahit pas deux fois; partez seul, je ne vous suivrai pas...
JACCOPPO.
Eh bien!... puisqu’il eu est ainsi, moi non plus, je ne partirai pas; en restant, je serai pendu, décapité!... tant mieux... ça rnc fera plaisir, jfc veux mourir, moi.. .
NINETTA
Mourir, dis-tu ?
JACOPPO.
Oui, car il n'y aura plus moyen de l’éviter... écoute. .. je vais te conter tout... puisque lu y tiens absolument... deux seigneurs amoureux de toi mont donné chacuo cinquante Requins... en m’ordonnant de l’enlever et en me promettant
de me rouer de coups si je n’obéissais pas... et tandis que j’allais te chercher pour nous sauver avec leur argent, tu seras sans doute venue.
NINBTTA.
Pauvre Jaccoppo !... en effet, et ils se sont battus.
jaccoppo.
Non, pas si bêtes, ils sont bientôt revenus avec cent autres sequins, me dire qu’il fallait que je les tue tous les deux, l’un devant l’autre, et qu’ils me feraient pendre et décapiter avant une heure, si je n'exécutais pas leurs ordres: l’heure est écoulée... ils vont venir, et Jaccoppo sera pendu.
ninbtta.
Non! non! ne pleure pas... tu as deux cents sequins, je te pardonne ; cent de plus, nous aurions notre moulin.
jaccoppo.
Plus d’ambition, Ninetta I
Au du Quadrille espagnol.
Ali ! nVspcrons plu» rien, et partons sans attendre •
Car ils vont revenir, et vite, sauvons-nous!
Dep'Vlions, Mnetta, j’erois déjà les entendre ;
Évitons, évitons leur courroux.
NINETTA
Cacir bien tel or.et mcts-le dans ta trousse.
Soyons prude tu , prenons çanlc aux voleurs.
jaccoppo.
Ol» ! je u* crains pas qu'un voleur me détroussé.
Mo, j’ crains, vois-tu, ce* brigands de seigneurs.
Il n’est plus temps, voilà le vicut qui arrive... Oh! Ninetta! je suis décapité...
marri*.
Non, non, pas encore. ( Elle / erme la porte. ) Écoute, tu vas le faire entrer là. ( Elle montre la porte de ilrohe. ) Tu lui diras que par ee gui. chet il pourra tout voir... moi, je vas me cacher sous cette table... et quand il sera bien enfermé..'.
JACCOPPO.
Nous partirons ! fument.
Andréas, en dehors.
C'est moi !.. . Jaccoppo !
incita s»; cache sous la table.
JACCOPPO, ouvrait ! .
Saint Jacques, mon patron, veillez sur nous.