SCÈNE III
lA COLONEL, EMILE, THÉRÈSE, puis BENITO.
EMILE, bas à Thérèse.
Avez-vous prévenu la colonel de nos projets de mariage ?
THÉRÈSE
Je n'ai pas osé.
k M ILE.
Nous voici seuls avec elle, du courage I
LA COLONEL, Tedescendaut et à Thérèse.
Mon enfant.,, j'ai à vous parler,
THÉRÈSE
Moi aussi, madame la colonel...
EMILE
Suis-je de trop ?
Du tout. {A Thérèse.) Ah ça! causons peu, mais causons bien... je sais que vous aimez quelqu'un.
THÉRÈSE
GommentI vous avez deviné?
LA COLONEL
Je devine tout I Seulement, vous avez là un drôle de goût!
EMILE, à part.
Hein ! qu'est-ce qu'elle dit ?
LA GOLONKL.
Ce n*est pas pour vous en détourner... mais, moi, je ne me serais jamais attendrie pour un museau pareil !
LE FILS DU BRIGADIËH li
T II K R k s E , à part, regardant Emile, Oh ! un museau I . . .
EMILE, à part.
£h bien ! elle est polie!.., elle vous jette ça en face !
LA COLONEL
j'avais rêvé pour vous un Français...
THÉRÈSE, f)ivement»
Mais il est Français!
EMILE
Je suis Français !
LA COLONEL, à Emile.
Qui parle de vous ?... je parle de Bittormann !
THÉRÈSE, vivement. Mais ce n'est pas lui que j'aime... c'est...
LA COLONEL
Qui ? {Thérèse baisse les yeux,)
EMILE
C'est... c'est un autre, madame la colonel...
LAGOLONBL.
Vous ! ah ! nom d'une trompette ! qu'est-ce que j'ai fait!
THÉRÈSE
Quoi donc?
LA COLONEL
Je viens d'écrire à mon homme pour lui demander de consentir à votre mariage avec Bittermann...
EMILE
Allons, bien !
.THÉRÈSE, suppliant.
Oh ! madame la colonel !
LA COLONEL
Eh bien, quoi ?... Je lui écrirai une autre lettre... Je lui dirai que je me suis trompée de nom... et dans quinze jourr^ VOUS serez mariés.
THÉRÈSE
Ah ! quel bonheur !
BENiTo, entrant.
Madatne la colonel ? '
LA GOLONEt.
Que voulet-vous ?
BBNITO.
Ce sont les soldats qui, avant de s'enivrer... désireraient porter une santé à madame la colonel.
LA COLONEL
Alors, il n'y a pas de temps à perdre... j'y vais... (A Thérèse,) Adieu, mon enfant ! (A Benito*) Passe devant, et annonce-moi. {Ils entrent dans le cabaret, on entend les Soldats erier.)
VOIX dans le cabaret.
Vive la colonel I