SCÈNE X Les Mêmes, LA COLONEL, puis EMILE
LA COLONEL, entrant vivetncnt.
Tout est perdu!... Le colonel vient d'arriver!... Ah I je l'ai joliment reçu !
CLÉOPATRE
Mais qu'est-ce que j'ai donc fait?
LA COLONEL
Comment! tu ne le sais pas?...
CLÉOPATRE
Non ! .
LA COLONEL
Dans ton ivresse... tu as porté la main sur ton supérieur. . .
CLÉOPATRE
Moi ?... Ce n'est donc pas Hambourg?
Non!..,
CLÉOPATRE
Je comprends... l'adjudant...
LA COLONEL
Non... un autre...
CLÉOPATRE
Un autre !.. . Qui donc ?. . . J'ai peur de deviner ! . , .
LA COLONEL
Un jeune officier... arrivé hier...
CLÉOPATRE
Mon fils!... mon fils! Où est-il? où est-il?... {hSnile paraît au fond, — Musique à V orchestre, — Le Brigadier s'approche lentement d'Emile, et se met à genoux devant lui.)
LE BRIGADIBn.
O mon fils qa« ]*adorc, J*ai pu lever la main sur toi !
Dis-moi que ta m*aimes encore; O mon enfant, pardonne-moi!
£milb, ie relevant vivement
Ah! dans mes bras!... Oui, je vous aime.
N^êtes-Yous pas mon seul ami 7 De moi, de ma tendresse extrOme, Pouvez-vous douter aujourd'hui?
LE BRIGADIBn.
Cette épaulet!e-là, que j 'insultai naguère, Laisse -moi Tembrasscr, pour ôtre pardonné!
ÉMILB.
Voyez. . . par vos baisers, mon père, Un éclat tout nouveau lui semble être donné !
ENSEMBLE
iMILB.
O sombre douleur qui m'oppresse!
Mon cœur pour ses jours tremble encor...
Il a mon pardon, ma tendresse...
Mais je crains la rigueur du sort!