F A BRICK
Pas un florin! à ce que dit mon parrain, mais on connaît les tuteurs! si encore il voulait consentir à notre mariage, mais non. il refuse sous le prétexte dérisoire que vous n'avez point de dot , et qu'en nia qualité d'apprenti traiteur, j'ai besoin de 500 florins pour m’établir.
MINA
Ah ! mon cousin . je crains bien que nous ne soyons pas mariés de long temps !
FABRICE
Je serai majeur dans trois ans, et alors...
MINA
Trois ans ! c'est bien du temps, quand on aime.
FABRICE
Ça ne nous empêchera pas de nous aimer; au contraire , nous ferons en sorte de nous voir souvent; seulement, ma cousine, ce sera le jour ! car entre le mariage et l’amour, il y a toute la 1 différence du jour à la nuit.
Au. : F«iniu> • loulci tdm « promu.
Oui, le mariage cl l'amour,
A deux oiseaux, je les compare :
L'un, ne voltige que le jour,
Du ciel, la nuit, l'autre s’empare 1 Fn un mot , pour Cire plus franc,
Ft rendre la chose plus nette :
L'amour est un vrai moineau franc Et l’hymen est une chouette !
Avez-vous saisi b comparaison?
MINA
Oui , je crois vous comprendre ; mais après \ souper, il faut que le moineau franc retourne ; dans son nid.
FAItniCF.,
Ah! voilà! voilà l«* désagrément! mais dites [ donc, comme il fait chaud, ma cousine, voulez- ! vous me permettre -de quitter nia veste et ma J casquette, pour me mettre à table ?
MINA
La casquette, cela va sans dire; quant à la veste , attendez , mettez toujours le couvert , je | reviens à l'instant
(Elle va dans la chambre à droite.)
FABRICE
Oui, ma cousine, soyez tranquille. (Mettant le couvert.) Oh! mais , dame , oui ! il va falloir que le moineau franc s’évapore au coup de minuit , et c’est dommage, car elle est fièrement gentille ina cousine, et dire que mon parrain ne veut pas nous laisser marier tout de suite, sous prétexte qu’elle n’a pas d’argent.
MINA , revenant avec la robe de chambre de i
Muldorff.
Tenez , mettez cela.
FABRICE
Tiens, c’est la robe de chambre à ramage du bourgeois! ça me va, je vais avoir l’air d’un vrai propriétaire allemand, qui soupe en tète-àtête avec sa moitié , oh ! Dieu !
(Il la prend par la taille.)
MINA
Eh bien! cousin, que faites-vous?
FABRICE
Pardon , j’allais faire In chouette.
MINA
A table ! à table ! (ils s'asseyent.)
MINA et FABRICE.
Ai* <Jr U T art* lui*.
Buvons I Trinquons !
I n vin de la sorte Forte toujours Bonheur aux amours.
viixa.
Après soulier, par bonheur,
Je vous mèu’, quel honneur I Jusqu’à la porte.
> ABItlCE.
Ah t quel dommage, pourtant ,
De partir au moment I.e plus Intéressant t
ENSEMBLE
Buvons, etc.
(lit lr nrjumt.— En cr moment, tl tonne.}
FABRICE
Oh ! quel orage ! j'espère bien que vous n’allez pas nie renvoyer, il fait un temps à ne pas mettre un chien à la porte.
(On entend frapper à coups redoublés dans la rue.) MINA.
Ah ! mon Dieu ! quel est ce bruit dans la rue? FABRICE, allant à la feuctre et regardant dans la rue.
C’est à rhfltel en lace, un étranger qui est, furieux de lie pas trouver «le place.
MINA
Je le crois bien, il n’y en a nulle part.
FABRICE, à la fenêtre.
Tiens, il a une femme avec lui !
MINA
Lue femme!
FABRICE
11 «lit «|u'il donnerait 500 florins pour loger cette nuit, lui et Milady qui est malade.
MINA, soupirant.
. r >00 florins! Juste la somme qu’il uous faut! FABRICE.
Ah ! mon Dieu! quelle idée ! Ma cousine, votre maitre et votre maîtresse sont bien partis.
Ils sont déjà loin , s’ils courent toujours.
FABRICE
Vous êtes inatircssc absolue de cet élégant domicile.
MINA
J’ai les clés de partout.
FABRICE
Bravo ! Cet Anglais offre 500 florins , pour le loger cette nuit seulement.
MINA
Eh bien?
FABRICE
£h bien ! vous lui donnez l’hospitalité ; lui vous donne 500 florins, et nous voilà mariés ! MINA.
En effet ; mais je n’oserai jamais !
FABRICE, revenant a la fenêtre.
II n'y a pas à reculer. Milord, entrez dans cette maison , la petite porte verte , deux marches , là ! Bien , on vous y donnera l'hospitalité, i pour celte nuit , moyennant la somme que vous •«•venez de dire. Ils mouteot! (A Miua.) fa-