‹ Le flatteur, comedie en cinq actes et en versChapitre 34 sur 86 · SCÈNE y · texte numérisé non relu

SCÈNE y

ROLAND, FERVIL.

FERVIL.

Vous savez qu’ aujourd’hui Gnissent nos marchés ;

Par divers intrigans on les sait recherchés :

Promesse , argent , cadeaux , il n’est rien qui leur coûte ; Votre sévère honneur a fermé cette route ,

Et quels coeurs corrompus ne seraient ramenés Par les nobles leçons qn’ici vous nous donnez.

Aussi , des fournisseurs la troupe plus habile

Assiège votre femme , et sa bonté facile

Se Ge à leur promesse ou croit à leur candeur ,

De Jpur désir cupide elle ignore l’ardeur.

Elle a des protégés d’une espèce nouvelle.

ROLAND

Us seront tous exclus ; de quoi se mêle-t-elle ?

, . ' FERVIL.

Pour que ces importuns ne vous fatiguent plus , '

Et pour vous épargner des débats superflus ,

Une seule entreprise est ici nécessaire:

Salomon la propose et consent à la faire.

Pour la juger en grand voyez ses aperçus ,

Et le nouveau travail que j’ai fait là-dessus.

Que dis-je ! mon travail ? non monsieur , c’est le vôtre, Et par cette raison il vaut mieux que tout autre.

ROLAND^ lisant le projet.

Je le vois 5 en effet , vous suivez mes avis. ù . ; F ER VIL.

Et quels autres, monsieur, pourraient être suivis? Qui connait mieux que vous les devoirs de sa place? L’ensemble , les détails , rien ne vous embarrasse.

51 vous signez , madame aura bien du dépita

ROLAND. x .>

Vous le croyez ? ' •

-* FERVIL.

Sans doute , à toute heure elle dit Qu’on ne pourai: ans elle achever une affaire.

ROLAND

Nous allons lui prouver , mon ami , le contraire ;

Ce projet me convient , de nombreux fournisseurs , Malgré ma surveillance , ont servi les fraudeurs.

Et n’en garder qu’un seul me semble nécessaire.

. FERVIL. ' ’»

Comme au premier coup d’œil vous jugez une affaire!

ROLAND

Celle-çi me paraît importante entre nous ,

J’en veux examiner les détails avec vous ;

Au poste qù l’on m’a mis je dois me rendre utile ; Des produits étrangers garantir cette ville. - » •

Jaloux de voir fleurir l’industrie et les arts ,

L’ennemi voit la paix relever nos remparts Au commerce appartient ce noble privilège ; ;

Je dois exécuter la loi qui le protège , ..

Servir de l’halfltant le zèle industrieux ,

Sur les soins qu’il espère avoir toujours les yeux ,

Et , soutien de ses droits , prouver qu’un militaire

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