‹ Le flatteur, comedie en cinq actes et en versChapitre 49 sur 86 · ACTE III, SCÈNE XII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XII

SAINT-HÈME.

Est-il donc de plaisirs plus touchans Que ceux que l’on éprouve au sein de sa famille ? Pour elle , le bonheur est auprès de sa fille.

M— . ROLAND

Quoi! Paris n’offre rien qui puisse l’attacher? SAINT-HÈME.

Rien de ce doux emploi ne saurait l’arracher ; Jamais de ses eufans son cœur ne se sépare.

M"'. ROLAND

Vous possédez , monsieur , une femme bien rare. SAINT-HÈME.

Rare n’est pas le mot 5 et ce bonheur est tel ,

Qu’en tout lieu règne encor cet amour maternel 5 Et l’on trouve à Paris des mères excellentes Qui dans le monde aussi sont des femmes charmantes Et qui savent payer un tribut mérité A la nature aiusi qu’à la société.

Mais en parlant d’enfant , où donc est votre fille ? De mille qualités on me dit qu’elle brille.

M“«. ROLAND

Elle est timide encor.

I SAINT-HÈME.

Mais la timidité

Ne dépare jamais une jeune beauté ;

Certain çharme parait jusqu’en sa retenue ,

Ce qui la fait briller c’est sa grâce ingénue.

, ROLAND

Il faut la présenter à notre ami. Rustan ?

( Rustau parait. )

Faites avertir Rose et dites qu’on l’attend.

M“*. *ROL AND

Loin de nous l'annoncer avec tant d’importance -,

Du général plutôt réclamez l’indulgence.

Bien jeune encor ma fille èn a besoin , je crois. ROLAND.

Sur le cœur d’un ami d’avance elle a des droits.

M”*. ROLAND

Fort bien. Vous la voyez avec les yeux d’un père.

ROLAND, avec sévérité.

Vous ne la voyez pas avec ceux d’une mère.

Page 1