ACTE IV, SCÈNE II
ROLAND. i
Sans doute.
■SAINTHÊME.
Mon discours va te paraître étrange.
Mais tu connais mon cœur , il est sincère et droit.
ROLAND
Et rempli d’amitié.
SAINT-HÈME.
J’userai de ce droit.
Ecoute. Saint-Léon mérite ton estime.
Connais-tu bien pour toi le zèle qui l’anime ? •
ROLAND
Mais j’ai rendu , je crois , justice à sa valeur,:
Je lui donne ma fille.
SAINT-HÊME.
Il fera son bonheur.
H a vu les dangers qu’entraînait ta faiblesse ,
Mais son respect pour toi , son amour , sa jeunesse , Ne lui permirent pas de te les révéler ,
Et c’est ton vieil ami qui vient pour t’en parler.
Ton épouse d’abord.... peut-être qu’elle oublie Qu’il faut en s’élevant doubler de modestie ,
Que ce n’est qu’en montrant la bonté , la douceur , Qu’un public trop jaloux pardonne le bonheur. ROLAND.
De quoi l'accuse-tril ?
Trop indulgent pour elle ,
De ton gouvernement on dit qu’elle se mêle 5 Elle abuse , dit-on, de ton autorité ,
Et montre quelquefois un peu de vanité.
ElouÜfer pour briller jusqu’au moindre scrupule , Devoir à sa fortune un nouveau ridicule ,
Tant de gens à cela se laissent entraîner ,
Q ue ces travers communs peuvent se pardonner.
ROLAND
Son orgueil je* l’avoue , est fait pour te surprendre.
SA I NT-HÊME.
Eli bien , à ses devoirs essayons de la rendre.
Si tu veux te montrer à mes conseils soumis , T'adjugeras bientôt quels sont tes vrais amis.
Avant la fin du jour je te ferai connaître Un homme dangereux qui peut te compromettre , m Dont l'adroite imposture a troublé ta maison ,
Qui seul de ton épouse égara la raison ,
Et qui vous trompe tous. C’est Fervil , je le nomme. ROLAND. *’
O ciel ' que me dis-tu ? Fervil est honnête homme.