ACTE IV, “SCÈNE II
ROLAND
Qui donc contre Fcrvîl t’a si fort prévenu?
Tu l’estimerais plus s’il t’était mieux connu.
A mes seuls intérêts il s’immole lui-même.
S AINT-TIÈME.
Ah ! je ne doute pas d’un pareil stratagème.
Il sait de l’amitié prendre le masque heureux ,
Et c’est ce qui le rend encor plus dangereux. Moi-même il m’a trompé dès la première vue.
Préparant avec art ici notre entrevue ,
Sais-tu pat' quel moyen il m’a d’abord séduit?
En blâmant des flatteurs le manège et l’esprit. D’après un tel aveu pourrais-tu méconnaître Les détours qu’avec toi sait employer le traître ;
Il sait trop que chacun aime à se voir flatté , Chacun cherche leloge et fuit la vérité.
* - (Roland fait un mouvement de surprise.)
Crois-moi , la flatterie est un très-bon commerce , Où plus d’un homme adroit en ce moment s’exerce Et , du plus grand ministre au plus petit commis , Chacun à scs flatteurs est plus ou moins soumis.
On méprise le piège où l’on tombe sans peine 5 Et malgré les leçons de ce bon Lafontaine ,
En dépit des travers qu’on voit de toutes parts ,
Il est plus de corbeaux encor que de renards.