ACTE IV , SCÈNE IV
Est victime aujourd'hui d’un complot ténébreux ,
Et vous me demandez ce que sur lui je pense ?
Mais je sûis enchaîné par la reconnaissance ,
Rien ne peut étouffer la voix de mon devoir , *
Et mes vrais sentimens vous devez les prévoir.
Je dois au général la place que j’occupe.
SAINT-IIÈME, à part.
De mon propre détour je vais être la dupe:
FERVIL.
S’il avait des défauts je devrais les cacher ,
Mais de parler ici rien ne peut m’empêcher.
( Il élève la voix. )
Le brave gouverneur ne craint rien de l’envie.
SAINT-HÉME.
C’en est assez.
FERVIL, élevant la vojx davantage.
Pour lui je donnerais ma vie.
(SA IKT-HÊME,
C’est fort bien.
' FERVIL, «'levant la Voix d'un autre cite'.
* Si le sort le trahit aujourd’hui ,
Je n’oublîrai jamais’qu’il fut mon digne appui.
SAINT-HÈME.
Oui , je le crois.
* F ER VIL; de l’autre côté.
Je hais ces hommes mercenaires , Toujours prêts à montrer des sentimens contraires, Oubliant sans rougir leur premier bienfaiteur. Moi, je suis dévoué.
S A INT-HÈ M E , I part.
J’enrage de bon cœur.
FERVIL.
Votre ami s’est montré , je ne puis vous le taire , Grand administrateur , homme à grand caractère , Heureux, heureux celui qui peut lui ressembler! Je ne connais que vous qui puissiez l’égaler.
Mais il est des ingrats qui vendent leur parole ; Après l’avoir flattée ils brisent leur idole. Au-devant du danger, moi, moi j’aime à courir, Et pour le partager je cours l’en avertir.
( Il sort. )