ACTE IV, SCÈNE IX
SAINT-IIÊME lit.
Général ,
• Je vous ai nommé gouverneur en remplacement du • général Roland , à qui j’ordonne par ce courrier de vous remettre , sur-le-champ , la place qui lui -avait été confiée.
Eh quoi ! c’est au moment où , -cédant à mon zèle ,
Mon ami me promet Une épreuve nouvelle , «
Où , pour mieux démasquer un flatteur odieux ,
Il consent de montrer sa disgrâce à ses yeux ,
De s’éclairer lui-mème ainsi que son épouse....- Dans t:e même moment , la fortune jalouse Prononce contre lui cet arrêt redouté ,
Et l’épreuve devient une réalité !
Lorsque mon ami tombe on me donne sa place ;
Je verrais , enrichi de sa propre disgrâce ,
Ma franchise accusée et mon honneur souillé ;
Je montrerais l’ami par l’ami dépouillé !
Trop d’hommes ont brillé par le malheur des autres 3 Ces maximes, Léon , ne seront point les nôtres :
Je refuse l’emploi qu’on ôte à mon ami.
Dans cette volonté je suis bien affermi ;
Et , malgré l’ordre exprès venu du ministère ,
C’est une lâcheté , je ne saurais la faire.
SAINT-LÉON
Mais comment résister à l’ordre du pouvoir ?
O ciel ! que ferez-vous?
SÀINT-HÉME.
Je ferai mon devoir.