ACTE V, SCÈNE V
ROLAND
Une somme aussi forte où peut-il l’avoir prise ?
• M“*. ROLAND
Ce m&in vos fermiers pour vous l’avaient remise ,
Et Fervil l’a reçue.
. t ROLAND.
Allez , et sur-le-champ A garder ces chevaux engagez le marchand.
RÜSTAN.
On n’en a pas besoin , qu’il aille les revendre ;
SALOMON
A vingt pour cent de perte il pourra les reprendre.
Vingt pour cent, dites-vous î eh quoi ! vous oseriez...
SALOMON
Monsieur , les maquignons sont de grands usuriers. Mais gardez-les plutôt, les chevaux sont de race.
K U S T A N , bas à Salomoo.
H ne peut les garder il a perdu sa place.
SALOMON , se récriant.
• Perdu sa place ! ô ciel ! fâcheux événement !
RÜSTAN.
Vous prenez à son sorf yn intérêt bien grand.
SALOMON, se lamentant plu* fort.
Monsieur , je dois le prendre.
M“*. ROLANB,
Expliquez ce mystère.
. • SALOMON , trèj-al*rmé.
Fervil n’a point à vous parlé de notre affaire ?
Non , non.
SALOMON
11 n’a pas dit que pour certain, marché Dans lequel vous avez un intérêt caché ,
Et qui pour tous les trois doit être favorable ,
Je lui fis ce matin un don considérable j Plus de cinq cents louis.
ROLAND
Vous lui fîtes ce don ?
SALOMON
Ne le savez- vous pas ?
ROLAND
Vous êtes un fripon.
SALOMON. '
Donner à Salomon une telle épithète !
ROLAND
Quelle fut ma faiblesse ! . . J
M">. ROLAND
En quel trouble il me jette!
SALOMON
Mais pourquoi prenez-vous , nfïidame , un air surpris ? Fervil de l’équipage a-t-il payé le prix ?
Non. Sur notre marché*j’en ai fait les avances.
11 faut bien , disait-il , garder les convenances..
Vous aimez les cadeaux , vous brûlez d’en avoir,
Et vous n’avez jamais l’air de les recevoir.
Vous aviez dans lafi'aire un tiers du bénéfice , ,.