ACTE V, SCÈNE Vï
M m *. ROLAND.
Vous fûtes seulement par un traître abuse:
ROLANb.
Je n’ai pas fait le niai , mais je l’autorisai ,
Et la faute est la môme ; et qu'importe qu’un traître M’ait caché des dangers que j’aurais dû connaître ,
Que , trompant avec art la candeur d’un soldat ,
Le lâche ait spolié les trésors de l’état,
C’est toujours en mon nom qu’il s’est rendu coupable ! Il a commis le crime et j’en suis responsable.
Le pouvoir qu’en mes mains la patrie avait mis ,
Ne devait pas passera ses vils ennemis ;
Je ne puis m’excuser par ces causes secrètes ,
Et je ne sais encore les fautes que j’ai faites.
Tel est le sort d’un homme aux flatteurs attaché.
Que tout le mal qu’il fait à lui-même est caché.
Vous le voyez , madame , au gré de leur caprice Ils peuvent d’un cœur droit égarer la justice.
Du mal que nous faisons ils sont les seuls auteurs , L’homme en place répond du crime des flatteurs !
B". ROLAND
Dans de vaines terreurs le remords vous entraîne. ROLAND.
Avez -vous bien le droit de consoler ma peiné, Et ne devez-vous pas craindre la vérité ?
De ma faiblesse aussi vous avez profité.
Monsieur....
M m# . ROLAND, tremblante.
ROLAND
N’aurais-je point de reproche à vous faire?
( D'an. Toix forte )
Avez-vous bien rempli les devoirs d’une mère ?...
' M m *. ROLAND.
Non , monsieur , j’eus des torts , je les réparerai; Far ce r ervil aussi mon cœur fut égaré.
L epreuve de ce jour pour jamais, je vous jure. Me rend a Ja raison ainsi qu’à la nature ;
Et je n’oublîrai pas les devoirs les plus doux Mais calmez le chagrin qui s’empare de vous’.
ROLAND. , j •
Non, je dois de mes torts prévoir toute la suite;. Et rien ne peut , madame , excuser ma conduite.
M»«. ROLAND
Sainl-Hême vous estime.
ROLAND •
, 11 cst mon digne appui ,*.
L était pour me sauver qu’il venait aujourd’hui ; Sa prudence m’offrait un conseil nécessaire ,
Et moi j’ai méconnu son amitié sincère ; •.
J’ai défendu Fervil , à ce flatteur livré.
Madame , c’en est fait , je suis déshonoré.
M Œ '..»OLAND. ,
Par quel délire affreux votre âme est emportée I
H O L A N jp ^ avec force.
Et comment supporter la honte méritée ?.. .
Que fera maintenant cette croix sur mon cœur?... Puis-je porter encor ce symbole d’Jionneur ?. . .
S il est de la vertu la recompense insigne ,
De m’en parer encore , non , je ne suis plus digne ! Je ne mérite pas d’en être revêtu ,
Et je dois arracher..,.
( Il veut arracher sa croix. )