SCÈNE VI
MARIE-ANNE, LEGOÈZ. JANIK.
LEGOËZ, entrant et allant vers l'Atre.
Ouf ! je suis las.
JANIK, entrée derrière lui.
Dame !
LE fi OËZ, s'asseyant dans l'âtre.
Ouf ! Que c'est bon de s'asseoir l
Après un moment de silence.
Toujours rien ! Ce n'est pas encore pour ce soir. Ci sera pour demain, après-demain, n'importe ! L'espoir qu'emporte un jour, un autre le rapporte. Puis, aussi bien, la mer est bourrue aujourd'hui.
MARIE-ANNE, sans se lever.
Et. si l'on vous donnait des nouvelles de lui!...
ACTK PREMIER
LEG ËZ.
Du gas?... Vous on avez?
Il court à elle.
MARTE-ANNE
Peut-être.
.T A N T K , la pressant.
Dis. Oh ! vite, Vrto, maman.
LEGOËZ, impatient.
Oui.
A Marie-Anne qui détourne la tète.
Mais... votre regard m'évite.
Los nouvelles sont donc mauvaises?
M A R I E - A N N E , le voyant chanceler.
Non. Non point.
LEGOËZ.
Ah! jo respire!... Alors?
Dis!
MARIE-ANNE
Mais de point en point Laissez-moi vous conter... L'histoire est longue.
Abrège.
.lANIK.
LEGOËZ, s' exaltant.
Enfin, il vit, bien sûr il vit.
MARIE-ANNE
Que vous dirais-je?
LEGOKIZ, s' exaltant de plus en plus,
Pardieu, s'il était mort, sans biais superflus Vous m'auriez dit : —La chose est la chose. Il n'est plus Mais non, non! Rendons grâce à la bonté divine. 11 vit !
JANIK, anxieuse, à sn mère.
Oui, n'est-ce pas ?
MARIE-ANNE, très émue.
Écoutez. . .
LEGOËZ, à Janik en montrant Marie-Anne.
Je devine.
Elle a bon cœur, tu sais, Janik ; elle a jugé Qu'un bonheur trop soudain me rendrait fou, que j'ai Le chef près du bonnet, que je mourrais de joie En le voyant! Alors, avant que je le voie. Elle veut préparer le choc tout doucement.