LE VENT PRÈS DES ÉGLISES
curiosités de l’église, quand le prêtre éleva l’hostie : Satan se trouva aussitôt enfermé dans un pilier. Lequel? on l’ignore ; mais le Vent 1 attend toujours au dehors, et quand il s’impatiente, il remue les fenêtres et occasionne aux passants des aventures désagréables *.
En Auvergne une légende parallèle sert à expliquer pourquoi il vente toujours aux abords de la chapelle Saint-Laurent, placée sur un lieu fort élevé. Le Vent et saint Laurent s’étaient promis de ne jamais se quitter ; mais parvenu en ce lieu, le saint dit à son camarade : « J’ai à prier dans cet oratoire, attendez-moi ». Mais il n’en est plus sorti, et le Vent l’attend toujours à la porte1 2.
D’autres personnages qui n'appartiennent pas au monde mythologique, mais à celui des trépassés, se manifestent dans le voisinage immédiat des églises rurales. La plupart de celles qui sont anciennes ont été bâties au milieu du cimetière qui dans beaucoup de petites paroisses sert toujours aux inhumations. Jusqu’à une époque assez récente, il n'était pas rare, en Bretagne surtout, devoir, adossé à l’un des bas-côtés, un édicule destiné à recevoir les ossements que le fossoyeur découvrait en creusant de nouvelles tombes : à travers une large baie garnie de barreaux on apercevait
Les testes
Entassées en ces charniers 3
au-dessus des autres débris 4. Suivant des croyances bretonnes, il leur était donné de recouvrer la parole lors de certaines fêtes : danslepays de Tréguier elles devisaient entre elles la nuit de la Toussaint, et celui qui aurait assisté à leur conversation aurait été renseigné sur ce qui se passe de l’autre côté de la mort ; il aurait en outre entendu nommer tous ceux qui devaient trépasser dans l’année. Un mendiant qui avait eu la curiosité d’écouter les colloque des morts des ossuaires du cimetièie de Saint-PoI-de-Léon, situé à l’écart de la ville, mourut de peur en entendant dire que ce serait lui qui mourrait le premier5,
• Ailleurs ce sont les âmes qui viennent auprès du charnier, à minuit, crier les noms de ceux qui sont pour trépasser dans l’année. Dans le nord du Finistère, celui qui a le courage de se blottir au fond du reliquaire pendant la messe de minuit de Noël, voit venir le dernier décédé,
pop. t. XI, p. 554.