‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 144 sur 503 · J.-F. Bonnafoux. Légendes et sup. delà Creuse, p · texte numérisé non relu

J.-F. Bonnafoux. Légendes et sup. delà Creuse, p

LES ÉGLISES

comme des bretonnes en danse, enjambe l’échalier et revient apportant une coiffe ; le lendemain, il trouve dans l'armoire où il l’avait mise une tête de mort qui lui parle. Le soir, il va, sur le conseil du recteur, la reporter dans le charnier, et il ne lui arrive rien de mal parce qu'il avait dans ses bras un enfant non encore baptisé1 2.

Les morts sortent aussi de leurs tombes pour se promener dans les cimetières. Dans le pays de Tréguier les âmes en peine y font, la nuit de la Toussaint, des processions que sont obligés de suivre tous ceux qui viennent à passer. A Saint-Menges dans les Ardennes, les morts s’y promenaient en rang, et, avant de le quitter pour aller dans les rues du village, ils dansaient une ronde autour des fosses, tout en chantant des litanies3 4.

Le cimetière est un lieu redouté où il n'est pas prudent de s’aventurer à certaines heures. Dans les Ardennes, si on en traverse un à minuit on meurt dans l’année. En Basse-Bretagne il ne faut pas s’y risquer la nuit, à moins que ce ne soit aux heures impaires 3.

Les saints apparaissent parfois dans le voisinage de leur sanctuaire : en Basse-Bretagne, ils se montrent surtout près de ceux qui ont été détruits. Depuis qu’il ne reste que des débris de l’oratoire de sainî Coulaouen à Brasparz, le saint n’ayant plus où reposer sa tète, erre comme une âme en peine à travers les prés et les taillis du ravin ; des gens l’ont rencontré, vêtu comme l’était sa statue dans sa chapelle ; il rôde sans cesse autour des ruines de sa maison, suppliant qu’on la lui rebâtisse. Au milieu des décombres de la chapelle de sainte Anne à Plonéis, on entend comme le bruit d’un marteau frappant sur les pierres ; c’est la sainte qui demande qu’on lui relève son sanctuaire *. A Kerdenoye deux pans de murs soutenus par le lierre sont les derniers vestiges d’une chapelle dédiée à Saint-Tual ; plusieurs fois l’an, le saint, précédé d’un enfant, portant une lanterne suspendue au haut d’un bâton, revient voir si on a rebâti sa chapelle et la trouvant dans le même état, il s’en va par les champs, suivi de toutes les âmes des morts du village qui font la procession3. Voici ce qu’on racontait en Cornouaille à la fin du XVIIIe siècle : Notre-Dame des Portes est une chapelle située près de Châteauneuf; cette vierge fut trouvée dans un chêne énorme. Un bois sacré descend jusque sur le rivage par une pente de cinq à six cents pieds, sur laquelle on a pratiqué des allées.

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