INFLUENCE DES CARILLONS
Les cloches figurent dans plusieurs observances en relation avec le baptême. Les vieillards des Côtes-du-Nord prétendent qu’elles refusent de sonner à celui d’un enfant illégitime 1 ; en réalité, il est d’usage de ne pas les mettre en branle en cette occasion. Elles influent sur les qualités, physiques ou affectives des enfants présentés au baptême. Au XVIIP siècle des gens simples s’imaginaient que quand on ne les sonnait point les enfants devenaient sourds ou n’avaient point de voix pour chanter ; la première de ces croyances existe encore dans la Gironde2. En Basse-Normandie et en Poitou le parrain et la marraine doivent la tirer ensemble pour que leur filleul ne soit pas sourd ; en Beauce, où les deux sont invités à sonner la cloche, le parrain doit la sonner longtemps pour qu’il chante bien ; en Haute-Bretagne et en Berry, plus la cloche aura bien sonné, plus il aura la voix forte ou sera bon chanteur 3. En Sain ton ge pendant qu elle sonne, le parrain et la marraine s’embrassent, afin que l’enfant ne soit ni morveux ni malpropre ni baveux, en Poitou c était pour éviter ce dernier inconvénient4 ; en Haute-Bretagne pour empêcher le filleul d’être innocent , en Berry d’être bègue ou muet, en Beauce d’être trop pleureur. En Saintonge le parrain devait embrasser sa commère pour que le filleul fût amoureux5.
Les carillons sont aussi en rapport avec la santé. Dans la Yallaise, si on se lave dans une fontaine pendant que sonnent les cloches du samedi saint, on est préservé des maux d’yeux. En Wallonie on se débarassait des verrues en trempant la main dans un ruisseau pendant que sonnait un glas et en les souhaitant au défunt 6.