‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 22 sur 503 · Soc. des Antiquaires . t. I, p · texte numérisé non relu

Soc. des Antiquaires . t. I, p

6. Paul Sébillot. Gargantua, p. 262 ; Jaubert de Réart. Souvenirs pyrénéens ,

LES DOLMENS

menhir solidement planté en terre. La tradition raconte qu'Hercule d’abord, Roland plus tard s’amusèrent souvent au jeu de bouchon avec ces dalles qui servaient de palet, le menhir faisant l'office de point de mire1. Des noms ou des légendes montrent que le diable s’est aussi servi de ces tables pour ses jeux ou pour ses gageures. Le dolmen d’Airolles à Alzon est appelé les Palets du Diable ; non loin de là, au quartier de Peyrelade, gît la table d’un dolmen ruiné ; le peuple explique 1a. présence de cette roche de granit sur un terrain schisteux en racontant que Dieu et le Diable se défièrent au jeu de palet ; le premier lança du mont Saint-Guiral sur la montagne du Serre del Tour où était posté le diable, ce grand pavé qui vint tomber à ses pieds; le diable l’ayant ramassé pour le rejeter sur le Saint-Guiral, ne put atteindre son but et la pierre tomba entre eux deux 2. Il jouait à la boule avec des rochers, lorsqu’une voix céleste l’effraya et il s’enfuit laissant la partie dans cet état, c’est le dolmen de Yitrac en Dordogne 3. La table de recouvrement d’un dolmen à une demi-lieue de Rochefort n'est pas près de ses supports, mais dans la cour d’une ferme ; le diable pour montrer sa puissance, la prit un jour et la lança à mille pas du lieu où elle gît; mais le fermier qu’elle gênait la transporta où elle est4. Dans cette légende d’Auvergne la Vierge a pris vraisemblablement la place d’un personnage discobole, fée ou géant : irritée contre les habitants d’un village de la plaine, elle monta sur le sommet du puy Chopine, portant une pierre énorme dans son tablier; elle la lança sur le village maudit, mais la pierre n’atteignit pas son but et tomba au pied de la colline de Châteaugay ; c'est le dolmen de la Grosse-Pierre5.

D’après une tradition de la Touraine, saint Martin jouait aux palets avec les pierres de celui de l’ile Bouchard 6. A Peumerit-Quintin une sorte de dolmen est formé des palets avec lesquels les bergers s’amusaient autrefois ; lorsqu'ils eurent renoncé à ce passe-temps et placé les palets les uns sur les autres, les pierres ont grossi et atteint les dimensions qu’elles ont aujourd’hui 7 . On a déjà vu, p. 15, un menhir qui a augmenté de volume, circonstance assez commune pour les pierres ordinaires, mais qui est plus rare en matière mégalithique. On peut y ajouter la Pierre Levée de Gency (Seine-et-Oise), appelée Pierre qui pousse, et qui, suivant les paysans, pousse un peu tous les ans8.

Dans le célèbre passage où il parle de la Pierre levée de Poitiers,

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