‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 267 sur 503 · Ch. Fougère, in Annales de Bretagne, t. XI, p · texte numérisé non relu

Ch. Fougère, in Annales de Bretagne, t. XI, p

6. Paul Sébillot. Traditions, t. I, p. 23 ; Habasqiïé. Notions historiques, t. llf, p. 103; Paul Sébillot. Légendes locales, t. 1, p. 43 (cf. F.-L. de France, t. I, p. -110, t. tll, p. 209. les prêtres transformés en corbeaux après leur mort).

LES GENS D’ÉGLISE

Quelques récits parlent du sort des prêtres dans l’autre monde. Un petit garçon qui va au ciel y voit beaucoup de prêtres et d’évêques. Lorsque saint Yves fut entré en Paradis, ne trouvant pas de banc destiné aux. avocats, il ne se mit pas dans celui des curés, parce qu’il y avait trop peu de places vides, et que ces messieurs étaient un peu replets ; dans une variante, aussi du Morbihan, ils sont entassés sur leurs bancs1. Il y a des contre-parties: en Franche-Comté un petit garçon auquel auquel on demande si on se confesse au ciel répond : Non. — Pourquoi? — Parce qu’il n’y a pas de prêtres2 3. Un homme qui avait été tout vivant en enfer, et en avait été retiré par un exorcisme, interrogé sur ce qu’il y avait vu en abondance, répondit : Des calottes de prêtres. Une servante bretonne fait à peu près la même réponse

Les prêtres sont les héros de récits comiques, où ils jouent assez ordinairement le rôle de dupes ; dans plusieurs versions du fin Voleur, celui-ci persuade à un curé qu'il est venu le chercher pour 1 emmener en Paradis, et il l’emporte dans un sac, auquel il fait accomplir un trajet accidenté4 5. D’autres contes parlent d’un prêtre qu'un petit garçon contraint, par magie, à faire danser0.

Le peuple attribue bien plus souvent aux prêtres des naïvetés, qui peignent sans amertume la sancla simpliçilas de certains pasteurs, et aussi des répliques vives et d'une spirituelle bonhomie qui mettent les rieurs de leur côté 6. Les sermons facétieux qui ont pris la forme traditionnelle fourniraient à eux seuls un long chapitre de littérature orale. Celui du curé de Cucugnan, bien connu en dehors du monde tradition niste grâce à la traduction faite par Alphonse Daudet du texte provençal de Roumanille [Li conte prouvençau, p. 91), est beaucoupplus ancien. Henri Estienne a donné en patois limousin le sermon du curé de Pierrebuffière [Apologie pour Hérodote, 1. I, c. 36), et en bien d autres pays on le met dans la bouche de curés dont on nomme la paroisse 7 .

Le clergé séculier n’avait pas toujours des sentiments charitables à l’égard des moines qu’il considérait, non sans raison, comme portés à

1. F.-M. Luzel. Légendes chrétiennes, t. J, p. 261; Dr Fouquet. Légendes du Morbihan, p. 104; Lucie Guillaume, iu Rev. des Trad., t. XVII, p. 221.

2. Charles Beauquier. Blason pop. de la Franche-Comté , p. 228.

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