‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 291 sur 503 · LES ERMITES · texte numérisé non relu

LES ERMITES

n étaient plus que trois et craignaient la brutalité des infidèles qui s'avançaient dans le pays, jetèrent un matelas dans leur puits et s’y précipèrent toutes les trois1. Deux religieuses poursuivies par des chevaliers s’élancent dans le vide du haut de la montagne de la Sainte- Baume, et soutenues par les anges arrivent saines et sauves au bas (t. I, p. 222).

Le diable qui est si souvent vaincu par les femmes, l’est rarement par les religieuses ; cependant le Pont-aux-Nonnes en Saint-Donan (Côtes-du-Nord) est ainsi appelé parce que, un matin, le diable s’y posta pour attendre une jeune nonne qui avait coutume de le traverser pour aller à la messe à l’église du Fœil ; mais la jeune fille lui opposa un signe de croix et le précipita dans la rivière2.

Le rôle des religieuses dans les récits non localisés est assez restreint ; elles interviennent, à litre épisodique, dans trois contes de la Haute- Bretagne : l'une est marraine d’un enfant que son père a vendu au diable; d’autres, pendant un orage, reçoivent à défaut de prêtre, la confession des matelots pour savoir quel est celui qui, coupable, attire la tempête sur le navire ; dans le troisième, une religieuse, lasse d'attendre son entrée en Paradis, se prête à une ruse qui la fait y pénétrer aussitôt3 4. Dans une légende morbihannaise, c’est l’une d’elles qui persuade à Saint-Pierre d’ouvrir à saint Yves la porte du séjour des bienheureux qu'il lui avait refusée, en lui entendant dire qu’il était avocat, et comme elle ne trouvait pas la plus petite place au banc des religieuses qui est au complet, elle s'assied près du saint au banc des avocats \

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