Chansons et danses des B reloué, p
l’histoire DE FRANCE DANS LA TRADITION POPULAIRE
revenait parfois a la surface des eaux, parce qu’il était mort sans confession L
Guesclin le bon breton » ' fut célébré dans des chants populaires aujourd hui perdus 1 2 3 4. On a imprimé à des époques voisines de la nôtre plusieurs chansons dont il est le héros. Des deux qui figurent dans le Barzaz-Breiz sous les titres de : La filleule de Du Guesclin, et : Le Vassal de Du Guesclin, la première n’est qu’une version retouchée et arrangée de façon à lui prêter une apparence historique, d'un gwerz réellement chanté en Basse-Bretagne. La seconde ne semble pas d’origine plus réellement populaire *, et I on doit faire les mêmes réserves à propos de chansons qui auraient cours aux environs du Grand-Fougeray (Ille-et- Vilaine) où Du Guesclin déguisé en meunier ou en bûcheron, s’empare par surprise d un château. M. Gaidoz a émis des doutes, très justifiés, sur l’authenticité d’une version publiée dans Mélusine, doutes qui s appliquent aux deux autres ; elle lui paraît rentrer dans la catégorie des pastiches, et avoir été fabriquée, à l’aide d’emprunts faits à des chansons populaires, par un maître d’école ou par un lettré5.
Charles de Blois a laissé plus de traces que l’illustre capitaine qui essaya de faire triomper sa cause. On prétend, sans donner de détails, qu il est resté populaire aux environs de Guingamp 6. Vers 1868 j’ai vu à l ancien couvent des Cordeliers de Dinan une fresque récemment dégagée de la couche de plâtre qui la recouvrait, et qui représentait la Mort brandissant son dard au dessus d’un personnage en costume du XVe siècle ; un prêtre me dit que ce seigneur était Charles de Blois, et que, d’après une tradition, Jean de Montfort étant venu aux Cordeliers I avait frappé d un coup de lance qui en fit aussitôt jaillir du sang 7 . Cette légende, qui est plus ancienne, aura vraisemblablement été transportée à cette image lorsque fut détruit un Arbre de vie que Charles de Blois a\ait fait peindre sur le mur de l’église de ce couvent, et où était figurée la vie de saint François, et lui-même y était à genoux au pied de 1 arbre. En 1368, le duc de Montfort commanda au gardien d’effacer cette image, et celui-ci fit blanchir la muraille, mais le lendemain deux filets de sang coulaient à l’endroit, derrière l’oreille, pai où sortait le coup qui avait donné la mort à l’époux de Jeanne de Penthièvre 8.
1. Elvirc de Cerny. Chronique' dinannaise . Dinan, s. d. (vers 1850), in-4, p. 2.