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Caquets de T Accouchée, p

368 l’histoire de France dans la tradition populaire

blablement, suivant un processus régulier en folk-lore, on les a attribués à des personnages plus modernes.

En ce qui concerne la Ligue, elle a surtout laissé des traces en Bretagne. Suivant les pays, le mauvais rôle y est attribué soit aux huguenots, soit aux ligueurs. Sur le versant de la Manche tout au moins, ceux-ci sont les plus maltraités, et presque toutes les légendes les représentent comme sanguinaires et pillards. Des gentilhommes qu’on appelait les Ligueurs ou les Fondebonds qui habitaient un château voisin de Matignon (Côtes-du-Nord) commirent beaucoup de cruautés ; ils éventrèrent, pour se divertir, une femme de Saint-Cast, et l'on appelle encore Allée des soupirs un coin de vallée où ils égorgeaient leurs victimes. Le seigneur de l'Isle Aval en Saint-Pôtan, dans la même région, dont Henri IV fit raser le château, est aussi accusé de nombreux méfaits1. La renommée de ces partisans est purement locale et n'est pas à comparer à celle du cruel La Fontenelle, qui est encore très connu en Basse-Bretagne (cf. le trait rapporté t. IV, p. 143 â propos du pillage de Pont-Croix) ; M. de la Villemarqué dans l’argument du poème qui porte ce titre dit qu'il est le héros de mille chansons populaires. L’exagération est évidente ; toutefois Luzel en a recueilli qui portent ce titre, et il ne range pas la version du Barzaz- Breiz parmi les pièces entièrement fabriquées, comme celle des Ligueurs du même recueil2 3 4 5 6. A Beaumanoir, des enfants racontèrent à Souvestre que La Fontenelle éventrait les jeunes filles pour se chauffer les pieds dans leur sang8. Le nom de ce ligueur est dans la bouche des gens de Cornouaille une sanglante injure; il y a une vingtaine d’années un paysan qui se disputait avec un autre sur la place de Quimper, lui disait : Tu es pire que Fontenelle. A Plogoff, à Cléder, lorsqu’un enfant est indocile et méchant on dit qu'il descend de La Fontenelle, Bac Fontanella ! ; A Corlay qu'il occupa pendant un an (1394) les mères font de lui un épouvantail, et sous le nom de madame la Fontenelle, il est monté au rang de Croquerai laine Aujourd'hui encore les paysans du Dauphiné ne prononcent qu'en frémissant d'une terreur superstitieuse le nom de des Adrets, qui servit les deux partis0.

Les actes que la tradition bretonne attribue aux protestants forment

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