Boucher de Perthes. Chants armoricains, p
CULTES ET OBSERVANCES MÉGALITHIQUES
personnes accomplissent le même acte sur le fût de la croix des Sept Douleurs au Bourg-de-Batz (Loire-Inférieure) qui est fort ancienne, et a vraisemblablement remplacé un menhir, et pour les douleurs on venait de fort loin se frotter au dolmen de la Pierre à Berthe1. Certaines maladies de l’enfance sont guéries par le toucher ou le port d’un vêtement qui aura été frotté à des pierres sacrées telles que celle de Sent Cristàu à Bentayou-Sero 2. On verra plus loin que des statues ont le même privilège.
En grimpant sur des pierres remarquables par des particularités, ou difficiles à gravir, parfois même en s’asseyant dessus, on obtient des faveurs analogues à celles que procure la friction (cf. t. 1, p. 339, 404, 407). Les jeunes filles, pour avoir un mari, s’asseoient au moment de la pleine lune, après avoir relevé leur jupon, sur la table du dolmen ruiné de Cruz Moquen, à Carnac, qui porte le nom de Pierre Chaude. Celui qui peut arriver au haut du menhir de Saint-Samson (Côtes-du- Nord) est assuré de se marier dans l’année ; les personnes qui ont le même désir doivent monter sur le sommet de la pierre levée de Colombiers (Calvados), y déposer une pièce de monnaie, et sauter du haut en bas; deux autres pierres aux environs de Bayeux étaient l’objet de semblables observances. Les .filles du Crocq dans la Creuse, se précipitaient du sommet d’un dolmen3.