‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 69 sur 503 · A. Delort. Dix ans de fouilles en Auvergne, p · texte numérisé non relu

A. Delort. Dix ans de fouilles en Auvergne, p

4. Bérenger-Féraud. Superstitions et survivances , t. Il, p. 189.

CULTES ET OBSERVANCES MÉGALITHIQUES

loin de Carnac, des gens mariés depuis plusieurs années, et qui n’avaient point d’enfants, vinrent, au moment de la pleine lune, à un menhir ; ils se dépouillèrent de leurs vêtements, et la femme se mit à tourner autour de la pierre, essayant d'échapper aux poursuites de son mari, auquel elle finit pourtant par se rendre ; les parents faisaient le guet aux environs pour écarter les profanes1. Pour que les enfants marchent, on leur fait taire neuf fois le tour de la Pierre de Gribère près de Sabres dans les Landes2.

Un écrivain originaire du Croisic décrivait ainsi, au milieu du XVIIIe siècle, une coutume qui n’a pas été relevée ailleurs: On voit sur le bord de notre côte une grosse pierre haute d’environ douze pieds. Je ne sais quel hasard ou quelle fantaisie l’a placée debout comme elle est. Les femmes et les filles qui attendent le retour de leurs maris ou de leurs galants vont danser autour le jour de l’Assomption ; les plus légères montent sur le sommet, et de là elles crient de toutes leurs forces en chantant :

Goëlans, goëlans, goëlans gris,

Ramenez-nous nos amans, nos amis ! 3

Il semble qu’une cinquantaine d’années après, cette incantation et le but de la cérémonie étaient oubliés ; un historien local n'en parle plus lorsqu’il relate une autre pratique qui avait lieu à cette date du 15 août, probablement au même endroit : Les femmes désertaient leurs maisons avant le lever du soleil, et se tenant toutes par la main, et en poussant de grands cris, se dirigeaient vers Hirmrn , la pierre longue, autour de laquelle elles dansaient des rondes toute la matinée4.

D’autres pratiques, dont le motif n’est pas clairement indiqué, étaient vraisemblablement des survivances d'un ancien culte, et elles étaient parfois accompagnées d’un feu de joie : Les jeunes garçons se sont longtemps réunis pour danser auprès du Cailhaou d'Arriba Pardin prés de l’église de Poubeau ; naguère encore ils allaient en procession,

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