‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 76 sur 503 · Paul Sébillot. Contes , t. 111, p · texte numérisé non relu

Paul Sébillot. Contes , t. 111, p

CELTES ET OBSERVANCES MÉGALITHIQUES

Li gens les soloient laver Et de l’eve lor bains temprer,

Cil qui estoient engroté,

Et d’aucun enferté grévé,

Des lavéures bains faisoient,

Baignoient soi, si garissoient1.

On verra, à la section suivante, que l'on attribue un pouvoir thérapeutique analogue à l’eau dans laquelle à trempé une hache en pierre polie. On peut aussi en rapprocher une médication qui jusqu’ici, n’a été relevée qu'une seule fois, dans le Finistère, mais qui est vraisemblablement usitée ailleurs. Pour se guérir de la fièvre, on n’a qu’à se plonger dans l’auge qui se trouve sous un dolmen sur une petite hauteur entre Audierne et Primelin 2.

Les fragments de certaines pierres exercent sur l’amour, la fécondité et le bonheur, une influence semblable à celle qu on attribue aux blocs naturels ou aux mégalithes dont ils ont été détachés. La médecine superstitieuse en fait un fréquent emploi 3. L’usage est ancien, et si aujourd’hui les poussières mélangées aux boissons proviennent, la plupart du temps, de tombeaux ou de statues de saints, il est vraisemblable qu'on les a aussi recueillies sur des mégalithes. Je n’en connais toutefois qu'un petit nombre d'exemples contemporains. Un fragment de grès rouge à Nohant-Vic, sanctifié sous le nom de saint Greluchon, est le reste d'un dolmen qui, jusqu’en 1789, fut adoré, gratté et avalé par les femmes stériles. A Saint-Cénery, dans l’Orne, on grattait un menhir pour guérir les coliques des enfants 4 5.

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