‹ Le folk-lore de France (volume 3)Chapitre 122 sur 506 · Le Ménagier de Paris (v. 1393), t. Il, p · texte numérisé non relu

Le Ménagier de Paris (v. 1393), t. Il, p

3. J.-B. Thiers. Traité des Sup., t. 1, p. 474 et suiv. ; E. Rolland. Faune pop., t. IV, p. 195-196 ; (chevaux) t. V, p. 106-107 (vaches) 168 (moutons) ; L. du Bois. Recherches sur la Normandie , p. 323-324 ; Duiaure, in Mém. de T Académie Celtique t, II, p. 452.

LES MAMMIFÈRES DOMESTIQUES

éloigner la maladie d’un troupeau souffrant que d’en prendre une brebis dont ils écartaient une partie de la toison, afin de lui souffler sur la peau, en répétant des paroles cabalistiques1. Au XVIIe siècle, on dressait un bûcher de certains bois, on y mettait le feu et l’on y poussait les animaux atteints de certaines maladies, on les faisait tourner tout autour et l’on offrait aux saints le premier des animaux qui y avait été poussé ou qui tournait tout autour ; pour les moutons, on les faisait passer sur le seuil de la bergerie après avoir enfoui dessous une oreille de charrue que l’on avait dérobée 2.

On a relevé en Haute-Bretagne un exemple, jusqu’ici unique, de la guérison d’un animal domestique par l’attouchement d’une bête d’une autre espèce : aux environs de Moncontour on vient chercher les chats sorciers qui sont de couleur rouge pour démulotter (guérir un mal attribué au mulot), les pourceaux ; on met le chat sous l’animal et on lui fait gratter son ventre avec les pattes3.

Pour guérir le cheval encloué, on s’est servi à diverses époques d’un procédé qui, comme beaucoup d’autres, était fondé sur là croyance à la transmission de la maladie au moyen d’un objet enfoncé. Au XVIe siècle, une sorcière après avoir dit certains mots en forme de prière, plantait dans la terre un clou qu’elle ne retirait jamais ; cent ans plus tard, on l’enfonçait dans une muraille ou dans un morceau de bois sur lequel on pissait ; en Normandie, on se hâtait de le ficher dans un arbre ou dans un mur. Voici la recette indiquée par un vieil auteur pour les moutons atteints de la maladie du bouchet : On doit prendre un baston de sceur vert et le fendre au bout en croix : et mettre iceluy en la gueulle de l’aigneau, on le doit mettre en lieu où il puisse bien tost seicher et lorsqu’il seiche l’aigneau treuve bien tost garison 4.

On croit pouvoir, au moyen d’observances pratiquées dans les demeures des animaux domestiques, assurer leur santé, et les garantir des maux donnés par les ensorceleurs, ou de ceux dont la cause est plus naturelle. L’usage de loger un bouc dans les étables ou dans les écuries est fondé sur l’idée qu’il éloigne les esprits et surtout qu’il préserve les bêtes des maladies; dans le Morbihan, elles tombent toutes sur lui et épargnent les autres bestiaux ; en Béarn, s’il y a une épidémie, il la chasse. On se sert aussi d’objets talismaniques : en Wallonie une dent de herse trouvée par hasard, et suspendue au plafond juste audessus des bêtes constitue une excellente amulette ; il en est de même

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